Les Eternelles Turpitudes du Président de la Fondation de l’Islam de France

FIF Enlèvement au sérail

La Fondation de l’Islam de France (FIF), présidée par Victor Ghaleb Bencheikh, est une fondation censée avoir pour vocation la promotion, par la connaissance et la culture, d’un Islam en harmonie avec l’humanisme et les exigences de la modernité intellectuelle et politique.

 

Auteur : fabienne.outar@protonmail.com

 

Comme indiqué sur son site internet, la FIF participe « à la lutte contre les préjugés et l’ignorance en montrant notamment les liens intimes et étroits qui lient l’histoire de la France et celle de l’Islam. » en développant des projets culturels, éducatifs et sociaux.

Aussi, et après avoir bénéficié d’une subvention de l’Agence Nationale de la Cohésion des Territoires (ANCT), la Fondation de l’Islam de France a décidé de financer trois projets culturels destinés aux jeunes citoyens âgés de 13 ans et plus, issus des quartiers prioritaires.

L’Enlèvement au Sérail

Grand est l’étonnement de la communauté musulmane de voir la FIF proposer, entre autres, la recréation de l’opéra lyrique composé par W. A. Mozart « L’Enlèvement au Sérail ».

En effet, cette pièce contient un divertissement désigné par turquerie musicale étroitement liée au registre comique, qui désigne une œuvre d’inspiration orientaliste représentant des Turcs, donc des musulmans, plus fantasmés que conformes à la réalité, fruits de l’imaginaire européen…

Notons que le mot « turquerie », présent dans la langue française depuis 1579, avait servi à désigner un caractère dur et impitoyable synonyme de cruauté, voire de barbarie.

L’œuvre théâtrale de l’enlèvement au Sérail, qualifiée par certains de grossière caricature dépourvue d’authenticité, avait été jouée à Vienne en Autriche en 1782, dans un pays où l’Ottoman continuait de représenter l’ennemi musulman qui avait assiégé la ville en 1683 et qui avait été humilié par une défaite militaire…

Une Histoire Fantasmée

L’histoire commence alors que Constance, fiancée espagnole du Noble Belmonte, sa suivante, Blonde d’origine anglaise, et Pedrillo, serviteur d’origine espagnole de Belmonte et fiancé de Blonde, sont tombés entre les mains de pirates nord africains, avant d’être vendus comme esclaves au turc Pacha Selim.

Le Pacha Sélim, un Renégat qui a renié la religion chrétienne pour embrasser la religion musulmane avant de se voir exilé par le gouverneur espagnol d’Oran, veut garder la prisonnière Constance pour lui, destine Blonde à Osmin, castrat et gardien de son sérail, et fait de Pedrillo son jardinier…

L’opéra raconte la tentative par Belmonte d’enlever sa fiancée Constance, retenue prisonnière dans le palais du pacha turc Sélim en Turquie.

Une Fondation qui Perpétue des Clichés

Ainsi, la Fondation de l’Islam de France a choisi, à destination de la jeunesse issue des quartiers prioritaires, une œuvre qui incarne tous les clichés que les Européens ont pu imaginer à propos des musulmans et du monde oriental barbaresque avec pour toile de fond des Européens livrés aux mains de méchants musulmans ! …

La pièce de théâtre choisie par la FIF, donne ainsi, dans un contexte social et politique dominé par des amalgames et un discours haineux envers l’Islam, une piètre image des musulmans en revisitant le fantasmatique récit de captives d’un Harem appartenant au Pacha Sélim, originaire d’Oran en Algérie et chrétien de naissance, contraint à l’exil en raison de sa conversion à l’islam par le père de Belmonte, alors gouverneur de la ville.

D’un autre côté, Osmin, cruel personnage qui veut faire endurer les pires sévices aux trois captifs, est représenté en un personnage vicieux, méchant, jaloux et manipulateur.

La pièce met en avant un personnage menaçant aux pulsions primaires qui célèbre les femmes afin de satisfaire des besoins charnels, mais surtout un musulman hypocrite lorsqu’il va boire du vin, ce que sa religion est également supposée interdire !

De Surprenantes Références au Prophète (Qsssl)

Dans la pièce choisie par la FIF, pour convaincre Osmin à s’enivrer Pedrillo dira : « Assurément, votre Mahomet a commis une formidable bévue en vous interdisant le vin. Sans cette loi de malheur… » ;

Et lorsque Osmin se demandera « Et Mahomet ? » Pedrillo répondra « Voilà déjà un moment qu’il dort sur ses deux oreilles ! Il a d’autres chats à fouetter que de se soucier de ta bouteille de vin ! », avant d’entonner ensemble un chant associationniste qui constitue un péché capital en Islam : « Vive Bacchus, rendons-lui grâce, C’est lui qui inventa le vin ! ».

Victor Ghaleb Bencheikh ne sait-il pas qu’il peut heurter les croyances des jeunes enfants musulmans des quartiers difficiles en leur faisant lire ou jouer ces passages ?

Des Interrogations sur un Choix Contestable

Pourquoi choisir une œuvre qui incarne dans l’imaginaire de l’Occident chrétien la figure d’un islam agressif et dévastateur et qui fait accroire que la polygamie serait la norme et que la femme ne serait, en terres d’Islam, qu’une esclave ou un objet sexuel ?

Est-ce intelligent de la part de Victor Ghaleb Bencheikh d’avoir distingué une œuvre d’un franc-maçon qui évoque un point de rupture entre Orient et Occident, et où la domination masculine musulmane se dispute la vedette à l’érotisme et au sadisme qu’il leur prête de manière obsessionnelle ?

Une Représentation Musulmane très Réductrice

D’autant qu’à la fin de l’œuvre de théâtre l’enlèvement au Sérail, le Pacha Selim qui se réjouissait de l’occasion offerte de se venger sur le fils de celui qui l’avait soumis de force à l’Islam, décide de se montrer généreux et leur rend leur liberté, à la grande consternation d’Osmin.

Là encore et en filigrane, l’œuvre choisie par la Fondation de l’Islam de France qui s’appuie sur des clichés intolérables, met en avant les bonnes manières et la charité chrétienne de Sélim qui a mené à un heureux dénouement, lui qui aura réussi à dépasser par la réflexion sa cruauté orientale et le sort tragique qu’il réservait aux captifs, comme si un musulman était incapable de pardon ou de bonté humaine…

On se demande dès lors comment le Président de la Fondation de l’Islam de France peut prétendre à la lutte contre les préjugés et l’ignorance, et en même temps déterrer une œuvre si hostile à l’Islam et aux musulmans !

 

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