790 Citoyens Algériens Ont Investi Dans l’Immobilier à Dubai !

Une nouvelle fuite de données révèle comment des criminels, des fonctionnaires et des politiciens ont secrètement investi de l’argent dans l’immobilier à Dubaï.

Auteur : youness.amir@protonmail.com

Les données, qui datent de 2020, ont été obtenues par le Center for Advanced Defence Studies (C4ADS), une organisation à but non lucratif basée à Washington, DC, qui étudie la criminalité et les conflits internationaux. Il a ensuite été partagé avec le point de vente financier norvégien E24, qui a coordonné une enquête sur l’immobilier.

Le EU Tax Observatory est un laboratoire de recherche indépendant hébergé par l’École d’économie de Paris. Il mène des recherches innovantes sur la fiscalité, contribue à un débat démocratique et inclusif sur l’avenir de la fiscalité et favorise le dialogue entre la communauté scientifique, la société civile et les décideurs politiques dans l’Union européenne et dans le monde.

Le 02 Mai 2022, l’ET TAX Observatory a publié un rapport de 46 pages ayant pour titre qui possède des biens immobiliers Off-Shore.

Cette étude confirme que Dubaï est la plus grande ville des sept émirats des Émirats arabes unis, avec ses plus de trois millions d’habitants, dont seulement 8% seraient des ressortissants émiratis.

Selon une édition du New York Times de cette année 2022, Dubaï est considérée comme l’économie et le centre financier le plus important des Émirats arabes unis.

Toutefois, l’émirat traine une réputation de paradis fiscal, de destination privilégiée pour l’argent liquide illicite et serait une plaque tournante privilégiée pour le blanchiment d’argent, souvent par le biais de l’immobilier.

Dubaï est l’une des juridictions offshores les plus secrètes au monde, principalement en raison du manque de transparence financière, selon The Tax Justice Network.

Malgré l’adhésion au cadre international pour l’échange automatique d’informations bancaires (The Common Reporting Standard), un modèle de convention de l’OCDE sur l’échange de renseignements en matière fiscale mis en place en 2005 afin de limiter le secret bancaire et de favoriser la coopération internationale contre l’évasion fiscale, Dubaï et les Émirats arabes unis restent souvent considérés comme des juridictions secrètes et des paradis fiscaux notoires.

Ainsi, selon une étude récente un nombre important de propriétés immobilières à Dubaï sont détenues par des paradis fiscaux. Saint-Christophe et Niévès, un État situé dans la région des Caraïbes connu pour être un important fournisseur de citoyenneté par investissement, a de loin le plus grand ratio de biens immobiliers à Dubaï rapporté au PIB.

Les paradis fiscaux comme les îles Vierges britanniques, les îles Caïmans, les Bahamas, et les Seychelles ont également investis des montants importants dans l’immobilier à Dubaï par le biais de sociétés fictives.

Dans un autre registre, un certain nombre de pays en proie à des conflits tels l’Afghanistan, la Syrie ou le Yémen ainsi que des pays sous régime autocratique comme l’Érythrée, l’Azerbaïdjan ou le Kirghizistan, possèdent un grand nombre de possessions dans l’immobilier à Dubaï par rapport à la taille de leur économie, représentant même 5% à 10% de leur PIB…

Ainsi, les ressortissants syriens possèdent l’équivalent de 7,4 % du PIB de la Syrie en Propriétés de Dubaï !

Selon l’étude récente de l’EUTAX qui a concerné environ 800 000 biens immobiliers à Dubaï composés d’appartements, villas, hôtels bureaux, magasins… Ce seraient pas moins 146 milliards de dollars de richesse étrangère qui auraient été investis dans le marché immobilier de Dubaï.

C’est deux fois plus que l’immobilier détenu à Londres par des étrangers par le biais de sociétés fictives !

Le rapport de l’EUTAX indique que la région Moyen-Orient et Afrique du Nord détiendrait 47 Milliards de la valeur des propriétés immobilières de Dubaï, dépassant la région Asie du Sud Est ou la région Europe et Asie centrale…

Enfin, l’étude recense 790 propriétaires algériens qui détiendraient 1539 biens immobiliers qui représenteraient une valeur investie à Dubaï qui s’élèverait à 450 Millions de Dollars !

Ce montant équivaut à 0,26 % du Produit Intérieur Brut de l’Algérie qui s’est élevé à 175 Milliards de Dollars durant cette année !

Rappelons que la Banque d’Algérie avait fixé les conditions de transfert de capitaux à l’étranger, pour les agents économiques algériens résidents, au titre de l’investissement réalisé dans d’autres pays.

Ainsi l’investissement à l’étranger se doit d’être « en rapport avec l’activité de l’opérateur économique de droits algériens concerné ; doit avoir pour objectif de consolider et de développer cette activité ; ne doit pas porter sur des opérations de placements ou sur des biens immobiliers autres que ceux correspondant aux besoins d’exploitations des entités créées à l’étranger ou faisant partie intégrante de leur activité ».

Des Hauts cadres de la Sonatrach à des cambistes qui ont pignon sur rue, en passant par des agents économiques ou des familles de fonctionnaires, politiciens et militaires, Dubai a servi de blanchiment d’argent à de nombreux citoyens algériens.

Leurs noms et fonctions ?

À suivre…

 

Crédit Delphotos Alamy Banque D’Images

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