Le Projet Solar 1000MW et l’Augmentation du Prix de l’Electricité en Algérie !

Il est bien dommage que les 3 000 heures d’ensoleillement annuel moyen ne soient pratiquement pas exploitées, alors que la consommation intérieure en énergie a grimpé à plus 60 % de la production entre 2011 et 2020, poussant l’Algérie, qui produit la quasi-totalité de son électricité à partir du gaz, à baisser ses exportations !

Pourtant dès 2011, le pays s’était doté d’un programme national des énergies renouvelables (ENR). Le décret exécutif n 17-98 du 26 février 2017, modifié et complété, avait également défini la procédure d’appel d’offres pour la production des énergies renouvelables ou de cogénération et leur intégration dans le système national d’approvisionnement en énergie électrique.

Si initialement le programme national pour 2030 prévoyait 22 000 mégawatts de capacité en ENR, avant d’être revu à la baisse pour atteindre 15 mégawatts en 2035, ce ne sont aujourd’hui qu’à peine 500 MW qui sont réellement produits…

L’Algérie est toutefois capable d’œuvrer pour son indépendance énergétique à travers une transition énergétique basée sur un mix énergétique qui prenne en compte toutes les formes d’énergies alternatives, avec un modèle économique de consommation d’énergie.

Il faut par exemple savoir que la consommation d’électricité municipale représente 8 % de la consommation nationale et que leur passage à l’énergie renouvelable permettrait d’économiser 2 milliards m2 de gaz annuellement, selon le chercheur au Centre de développement des énergies renouvelables, Bouziane Mahmah !

Une des raisons qui a poussé, le 21 novembre 2021, le président Abdelmadjid Tebboune à presser l’exécutif en fixant à trois mois le délai accordé « aux établissements et aux structures de l’Etat » pour passer à l’énergie solaire.

Sauf que le délai sera difficile à tenir dès lors que ce projet butte sur des barrières techniques, économico-financières, socio-culturelles et institutionnelles…

En effet, Le projet de transition vers le renouvelable nécessite des investissements importants qui s’élèveraient à près de 120 milliards de dollars pour atteindre le niveau de production d’électricité projeté. Tout comme il requiert un savoir-faire technologique et une technologie de pointe qui ne sont pas maîtrisés en Algérie.

Par ailleurs et afin d’imposer comme exigence le partenariat avec des compagnies étrangères en vue de la fabrication en local d’équipements, le gouvernement algérien a dû revoir la sacro-sainte règle qui limitait les participations étrangères à 49 % du capital d’une société algérienne, qui ne concerne désormais plus les projets liés au renouvelable.

C’est ce qui a retardé le Ministère de la Transition énergétique et des énergies renouvelables, créé en Juin 2020, à annoncer le lancement de l’appel d’offres pour la réalisation du projet de production de 1.000 MW en énergie solaire, dénommé « Solar 1000 MW ».

Ce 23 Décembre 2021, l’appel d’offres est finalement lancé et le projet à concrétiser consiste en la constitution de Sociétés de Projet (SPV) chargées de réaliser un projet de centrales solaires photovoltaïques d’une capacité totale de 1.000 MW, réparties sur le territoire national, en lots de 50 à 300 MW chacune.

Onze sites ont d’ores et déjà été identifiés dans sud du pays au sein des wilayas d’El Bayadh, Ouargla, El Oued, Ghardaïa, El M’Ghair et Béchar.

La commercialisation de l’électricité produite devrait à-priori se faire à travers un contrat de vente et d’achat d’électricité (power purchase agreement PPA), conclu pour une durée d’exploitation de 25 ans pour chacune des centrales, pour un prix qui s’échelonnerait entre 5 DZD/kWh (0,031 €) et 7 DZD/kWh (0,044 €).

L’exécutif devra par ailleurs se pencher sur la baisse de taxation afin de réduire le coût d’importation des équipements.

Tout comme le gouvernement devra songer à arrêter les mécanismes d’abandon graduel de la forte subvention des prix de l’électricité.

Une suite logique après l’adoption par les députés de la loi de Finances 2022, qui prévoit le remplacement des subventions pour être remplacées par un système de transfert monétaire direct au profit des catégories sociales les plus pauvres.

Sauf que l’Administration n’est pas outillée pour détecter les foyers vers lesquels les transferts devront aller, ni n’a en sa possession les statistiques réels des populations concernées…

Dans un environnement de crise économique accentué par une crise sanitaire sans précédent, le citoyen algérien n’est, semble-t-il pas prêt à voir les prix de l’énergie s’envoler…

Pour rappel, le coût annuel des subventions énergétiques s’élèverait à près de 20 milliards de dollars (17 milliards pour l’électricité et les carburants et 3 milliards pour l’eau)…

Un véritable casse-tête !

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