Le Parlement Européen Assène une Gifle Mémorable au Royaume du Maroc !

Le Parlement européen avait mentionné à l’ordre du jour de sa plénière, jeudi 10 juin 2021, à Strasbourg, un débat qui a été suivi du vote d’une résolution sur la violation, par le Maroc, de la convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant et utilisation de mineurs par les autorités marocaines dans la crise migratoire à Ceuta !

Ce débat sur des cas de violation des droits de l’homme, de la démocratie et de l’état de droit par le Maroc irrite au plus haut point le Makhzen, à qui il est reproché d’avoir organisé des arrivées massives, les 17 et 18 mai 2021, de milliers de personnes dont des centaines de mineurs Marocains sur les côtes de l’enclave espagnole.

Cette vague migratoire inédite, rendue possible par la passivité des autorités marocaines qui a permis l’arrivée massive des migrants sur le sol espagnol, a donné lieu à une crise diplomatique majeure entre Madrid et Rabat, qui n’a pas digéré l’arrivée le mois dernier en Espagne, pour y être soigné, du chef du Front Polisario Ibrahim Ghali.

Tout comme l’Espagne, le Parlement Européen a réaffirmé que l’UE a une « position très ferme sur le Sahara occidental » et qu’elle « reste inchangée ».

La résolution 2021/2747(RSP), déposée par des eurodéputés de la formation espagnole Ciudadanos, une composante du Groupe Renew Europe, qui compte également dans ses rangs La République en marche d’Emmanuel Macron, est sans équivoque.

En effet, le Parlement européen, au vu toutes ses déclarations et résolutions antérieures sur le Maroc ainsi que les conventions, accords, observations, communications et charte onusiennes et européennes, considère que la crise actuelle qui a donné lieu à des tensions diplomatiques sans précédent entre le Maroc et l’Espagne, et donc à fortiori avec l’Union européenne, est un incident injustifiable, qui ne correspond pas à la coopération établie de longue date et à la relation de confiance qui prévaut entre les deux parties.

Les Eurodéputés ont rappelé dans ce sens que les relations entre l’Union européenne et le Royaume du Maroc fait figurer ce dernier Pays au 3e rang des bénéficiaires de fonds alloués par l’Union dans le cadre de sa politique européenne de voisinage !

Aussi, le Parlement ne comprend pas l’augmentation sans précédent du nombre de passages vers le territoire espagnol constatée dès le 17 mai 2021, ou quelque 9 000 personnes ont pénétré dans la ville autonome espagnole de Ceuta, après que la police marocaine ait assoupli temporairement les contrôles aux frontières, ouvert les barrières et négligé de prendre des mesures pour arrêter les entrées illégales !

N’était-ce l’intervention humanitaire des forces armées et de sécurité espagnoles, des ONG et des citoyens de Ceuta, la démarche irréfléchie du Makhzen aurait abouti à une véritable tragédie parmi l’important flux de personnes ayant traversé illégalement la frontière, dont la majorité se composait de ressortissants marocains dont au moins 1 200 mineurs non accompagnés, de nombreuses familles entières, alors que certains enfants venaient directement de l’école et n’avaient même pas leurs papiers sur eux au moment de leur passage !

La plupart des enfants ont été persuadés qu’ils participaient à une simple sortie scolaire à Ceuta et qu’ils pourraient assister gratuitement à un match de football avec des joueurs célèbres…

Il est clair qu’on peut difficilement considérer comme spontanée cette invasion programmée, ayant poussé de nombreux enfants à se retrouver aujourd’hui massés dans des entrepôts, tel celui de Tarajal ou dans les centres d’accueil des migrants de Pinier et Santa Amelia, sous la tutelle de la ville autonome de Ceuta, sans avoir identification, évaluation de leur situation personnelle, leurs vulnérabilités et les risques de persécution et de préjudice irréparable qu’ils courent, ainsi que tous les risques supplémentaires qui pèsent sur le développement physique, mental, moral, spirituel et social…

1 100 mineurs restant encore sur place aujourd’hui, sont inexpulsables selon la loi espagnole !

Cette crise, estime le Parlement Européen, a été déclenchée par le Maroc en raison d’une crise politique et diplomatique après que le chef du Front Polisario, Brahim Ghali, atteint par le coronavirus, a été admis dans un hôpital espagnol pour raisons humanitaires avant d’en repartir le 2 juin 2021.

Pour la Monarchie du Maroc, la crise bilatérale ne serait pas liée à la question migratoire, comme l’a officiellement confirmé le ministre marocain des affaires étrangères Nasser Bourita, mais découlerait directement de deux faits, l’accueil du chef du Front Polisario en Espagne et la position jugée ambiguë de l’Espagne sur le Sahara occidental…

Pourtant, les chefs d’État et de gouvernement de l’Union ont réaffirmé leur soutien sans réserve à l’Espagne et souligné que les frontières espagnoles faisaient partie des frontières extérieures de l’Union, alors que le haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité a exprimé, lors du Conseil des affaires étrangères du 18 mai 2021, sa pleine solidarité et son soutien à l’Espagne au nom de l’Union sur la base du respect du droit international et le principe de souveraineté, d’intégrité territoriale et d’inviolabilité des frontières nationales.

La résolution anti-marocaine du parlement européen, votée par 397 eurodéputés contre 85 élus qui s’y sont opposés et 196 abstentions, a rejeté l’utilisation par le Maroc des contrôles aux frontières et de la migration comme moyen de pression politique sur un État membre de l’Union.

Tout comme elle réaffirme l’inviolabilité des frontières nationales des États membres de l’Union et insiste sur le fait que le respect de leur intégrité territoriale est non négociable en tant que principe fondamental du droit international et principe de solidarité européenne, tout en rappelant que l’atteinte à la souveraineté territoriale des États membres ne saurait être tolérée !

Le Parlement Européens a réaffirmé la position consolidée de l’Union sur le Sahara occidental, fondée sur le plein respect du droit international, des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies et du processus politique conduit par les Nations unies pour parvenir à une solution négociée juste, durable, pacifique et acceptable par les deux parties.

Notons enfin que cette résolution du Parlement européen, qui concerne la violation de la Convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant, que le Maroc a signé depuis 1990 et qu’il a ratifié à deux reprises (en juin et en juillet 1993), n’accorde aucune importance au plan d’autonomie présenté par Rabat. Un véritable camouflet pour la diplomatie du Royaume.

Crédit Photo  MOSA’AB ELSHAMY AP

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