Le Conseil de Paix et Sécurité de l’Union Africaine Anéantit les Fantasmes du Maroc, Bourita sur la Sellette !

Le Conseil de Paix et Sécurité de l’Union Africaine (UA) est l’équivalent du conseil de sécurité de l’Organisation des Nations Unies (ONU), mais pour le continent africain.

Suite à la réunion tenue le 9 mars 2021 en présence de la Représentante du Secrétaire Général des Nations Unies, Hanna Tetteh, le CPS a adopté et publié un communiqué aux membres de l’UA sous la Présidence d’Uhuru Kenyatta, Président de la République du Kenya et Président du CPS pour le mois de mars 2021.

Le texte a d’abord rappelé les différentes décisions de la Conférence et du 14e Sommet extraordinaire des chefs d’État et de gouvernement, tenu le 6 décembre 2020, sur le thème  » Faire taire les armes : créer des conditions propices au développement de l’Afrique « , et toutes les décisions antérieures sur la situation au Sahara occidental, en particulier le Communiqué adopté lors de sa 547e réunion tenue le 26 septembre 2015, à New York, au niveau des chefs d’État et de gouvernement, dans lequel le Conseil a exhorté le Conseil de sécurité des Nations unies à assumer pleinement ses responsabilités et à prendre toutes les mesures nécessaires pour résoudre rapidement le conflit au Sahara occidental et trouver une réponse efficace aux questions relatives au respect des droits de l’homme et à l’exploitation illégale des ressources naturelles du territoire.

Le communiqué du CPS revient sur le rôle historique de l’OUA/UA en tant que garant du plan de règlement du conflit du Sahara occidental signé par les deux parties en 1991, qui a conduit au déploiement de la Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO) pour superviser le cessez-le-feu et organiser un référendum d’autodétermination du peuple du Sahara occidental.

Soulignant la nécessité pour l’UA de jouer son rôle dans la recherche d’une solution juste et durable au conflit du Sahara occidental, en travaillant pour soutenir les efforts menés par les Nations unies, le CPS se dit toutefois profondément préoccupée par la reprise de la confrontation militaire entre le Royaume du Maroc et la République Sahraouie, en violation des accords de cessez-le-feu, notant également avec inquiétude les répercussions préoccupantes de ce conflit sur la stabilité de la région et sur l’état de la paix et de la sécurité sur le continent.

Par ailleurs, le CPS se déclare préoccupée par l’impasse persistante dans laquelle se trouve le processus politique engagé sous les auspices des Nations unies dans le but de parvenir à une solution politique mutuellement acceptable qui permette l’autodétermination du peuple du Sahara occidental, tout en soulignant l’urgente nécessité de redoubler d’efforts pour faciliter un règlement définitif du conflit, conformément aux dispositions pertinentes de l’Acte constitutif de l’UA, notamment sur l’interdiction du recours à la force ou à la menace de recours à la force entre les États membres de l’Union.

Au vu de ses rappels et constats, le communiqué du CPS énonce plusieurs décisions dont celle de la revitalisation d’urgence par la Troïka de l’UA de son engagement avec le Maroc et la République Arabe Sahraouie Démocratique, en vue de trouver pacifiquement une solution permanente à la crise.

Mais la grande décision adoptée par le CPS concerne le Conseil de paix et de sécurité qui s’acquitte de son mandat sur le conflit du Sahara occidental, conformément aux dispositions pertinentes du Protocole et aux décisions pertinentes de la Conférence, en examinant la situation au Sahara occidental le cas échéant, au niveau des chefs d’Etat et de gouvernement, y compris en recevant des informations de la Troïka de l’UA.

Ainsi, le CPS de l’UA prend l’initiative d’accompagner l’ONU dans le processus de règlement du conflit au Sahara occidental ce qui implique que désormais l’instance onusienne n’est plus la seule instance chargée de la question.

Le communiqué du CPS demande nommément au Royaume du Maroc et à la République Arabe Sahraouie Démocratique (RASD) de cesser immédiatement les hostilités et d’engager le dialogue, de créer un environnement propice à des pourparlers directs et francs, sans aucune condition préalable et conformément à l’Article 4 de l’Acte constitutif de l’UA et aux dispositions pertinentes du Protocole relatif au CPS.

Il y a également lieu de souligner, autre innovation, la demande faite par le CPS à la Commission de l’UA de prendre d’urgence les mesures nécessaires pour la réouverture du Bureau de l’UA à Laayoune, au Sahara occidental, afin de permettre à l’UA de réactiver son rôle dans la recherche d’une solution politique à ce conflit de longue date et d’entreprendre une mission de terrain dans la région, dès que possible, afin de faire le suivi, sur place, de la situation !

Après avoir reconnu le rôle crucial de l’ONU dans l’exercice de sa responsabilité de trouver une solution durable à la crise, le CPS exhorte le Secrétaire général de l’ONU d’accélérer la nomination d’un nouvel envoyé personnel et invite le nouvel envoyé personnel à travailler en étroite collaboration avec l’UA, conformément aux dispositions de la Charte des Nations unies et du cadre UA-ONU pour un partenariat renforcé dans le domaine de la paix et de la sécurité, tout en demandant au Secrétaire général de l’ONU de demander au Conseiller juridique des Nations unies de fournir un avis juridique sur l’ouverture de consulats dans le territoire non autonome du Sahara occidental…

Par ailleurs, le CPS encourage l’Envoyé spécial de l’UA pour le Sahara occidental à reprendre d’urgence son engagement auprès des parties au conflit, afin de soutenir les efforts menés par les Nations unies en vue de trouver une solution durable au Sahara occidental, demandant à toutes les parties concernées de coopérer pleinement à cet égard avec tout le soutien nécessaire à l’envoyé spécial de l’UA pour le Sahara occidental.

Transmis au Secrétaire général des Nations Unies et au Coordonnateur des membres africains du Conseil de sécurité des Nations Unies ainsi qu’aux deux États membres, à savoir le Royaume du Maroc et la République arabe sahraouie démocratique, le communiqué a été rejeté par le Maroc !

Le Ministre des Affaires étrangères Nasser Bourita affirmait au lendemain de la publication du communiqué du CPS que le Maroc ne se sentait ni concerné ni intéressé par ledit communiqué qu’il rejetait dans sa totalité…

Pourtant la décision du CPS de l’UA, souveraine par rapport à tous les Etats africains membres, a été adoptée à l’unanimité de l’ensemble des Etats membres sans aucune réserve d’un quelconque Etat participant !

Sabri Boukadoum, Ministre des Affaires étrangères algérien, a qualifié la dernière décision du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine (UA) sur le Sahara occidental de «très importante» et d’acquis devant instaurer la sécurité et la stabilité dans l’Afrique du Nord !

Ce communiqué du CPS de l’UA reflète un retour à la légalité internationale et constitue clairement un premier coup de semonce à la politique expansionniste du Royaume, tout en anéantissant les efforts diplomatiques et financiers du Makhzen qui dans sa fuite en avant a voulu mettre l’Afrique devant le fait accompli.

Conjugué au peu d’empressement que met le Président américain Joe Biden à tenir la promesse de son prédécesseur quant à l’ouverture d’un consulat à Laayoune et aux récents évènements de la région Figuig qui a vu l’Etat algérien récupérer une partie de ses terres exploitées par des sujets marocains, Nasser Bourita, plus que jamais sur un siège éjectable, sera très probablement convoqué par la commission des affaires étrangères à la Chambre des représentants, qu’un groupe de députés du Parti de la Justice et du Développement (PJD) somme d’auditionner…

Le début de la Fin !

Bachir Outaghani

bachir.outaghani@protonmail.com

 

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