Les Lamentables Echecs de Ghaleb Bencheikh à la Tête de la Fondation de l’Islam de France

Ghaleb Victor Bencheikh (GVB) a succédé à Jean-Pierre Chevènement à la tête de la Fondation de l’Islam de France (FIF) en décembre 2018.

GVB, qui rappelons-le n’est ni islamologue ni théologien de l’Islam, ne cesse de dénoncer l’Islam traditionaliste pratiqué par les musulmans de France ou le port du voile par les musulmanes qu’il juge rétrograde, préférant vouloir imposer à la communauté musulmane de France sa vision bien personnelle d’un islam refondé….

Déjà en 2016, sur les colonnes du magazine ‘’l’Humanité’’, il déclarait qu’il fallait amaigrir le sacré, devenu selon lui de plus en plus obèse, se débarrasser de la religiosité aliénante et sa normativité asphyxiante…

« Un discours qu’il a dû penser suffisant pour susciter l’intérêt de ceux qui cherchaient leur représentant pour les musulmans d’un Islam de France.’’ Nous indique ironiquement un ancien cadre de l’Institut el Ghazali sous couvert d’anonymat.

Continuant son discours sur sa conception bien singulière de l’Islam, GVB indique qu’il est pour une refondation de la pensée théologique « pour sortir de la pensée magique », « dégeler les glaciations idéologiques », et « en finir […] avec les représentations superstitieuses », pour, dit-il, libérer « l’esprit de sa prison » !

Des digressions à la croyance religieuse et spirituelle de Millions de pratiquants, qui l’amèneront à de bien pitoyables erreurs, suivies de déplorables et légères explications. Qu’on en juge !

La fameuse affaire de Creil, pour ceux qui n’en souviennent pas, est née de l’exclusion temporaire de trois jeunes filles qui avaient refusé d’ôter leur foulard islamique en classe au début du mois d’Octobre 1989.

C’est le Souverain du Maroc Hassan II qui fera demander « personnellement et en tant que père de famille », par l’intermédiaire de l’ambassadeur du Maroc en France, aux jeunes filles d’enlever leur foulard et de reprendre le chemin de l’école.

Vingt ans après, revenant à la fin du mois de janvier 2019 sur cet événement, GVB avait déclaré à la presse : « J’ai toujours pensé, je ne l’ai jamais caché depuis l’histoire des fillettes à peine nubiles qu’on a emmitouflées à Creil sous prétexte que le Commandeur des croyants au Maroc dit qu’il faut respecter le voile, alors qu’aucune femme de sa famille n’est voilée. »

Une déclaration qui avait été très mal reçue par la communauté musulmane marocaine en particulier, qui avait vu par-là une atteinte à la mémoire du défunt Roi Hassan II que la Constitution marocaine affirme comme Commandeur des croyants.

Quelques jours après, c’est un Ghaleb Victor Bencheikh confus et honteux qui va alors se prêter à un exercice d’autoflagellation en s’obligeant à rétablir la vérité. Se discréditant publiquement, il va alors changer de causerie et honorer le caractère « exemplaire » de l’intervention du roi Hassan II dans cette affaire, donnant d’emblée un mois après son investiture, une bien piteuse image de lui à la tête de la FIF. Et ce n’est pas fini !

D’autres déclarations tirées de son interview avec le magazine Marianne, en date du 24 janvier 2019, n’ont pas manqué de provoquer une profonde polémique au sein des musulmans en France : « Je pense fondamentalement que le voile est une atteinte à la dignité humaine dans sa composante féminine. Ce n’est pas cela l’élévation spirituelle. » !

Un avis sur le voile que plusieurs instances musulmanes françaises et une majorité de musulmans pratiquants avaient trouvé extrêmement tranché, par celui qui veut réformer l’Islam et qui s’était alors défendu, dans un lamentable exercice de reniement, d’avoir manqué de respect aux femmes musulmanes et à leurs « choix personnels » …

Ainsi, le Conseil français du culte musulman (CFCM), dans un communiqué daté du mardi 5 février 2019, avait affirmé que « le port du foulard par les femmes (…) est une prescription du Coran » et qu’il « s’inscrit dans une démarche générale de l’islam, qui est celui du respect d’une pudeur dans l’accoutrement », « à l’instar des autres traditions religieuses monothéistes ».

Au mois de Septembre 2019, Ghaleb Victor Bencheikh va encore récidiver sur les colonnes du magazine Le Point, affirmant : « Je conçois, à la rigueur, que l’on accepte que des femmes jugent pouvoir librement – et en conscience – médiatiser leur relation à Dieu » …

Car pour lui, le problème du voile serait arrivé avec Khomeiny, et ne serait qu’affaire de mimétisme et de surenchère Wahabo-Salafiste…

Enfin dans une interview donnée à un média algérien au mois de Novembre 2020, GVB va complétement déraper et va s’attaquer tout azimut à la Grande Mosquée de Paris qu’il dit minée par une incurie organique, à Hassan Chelghoumi, l’Imam républicain de Drancy menacé de mort, envers lequel il a des propos « outrageants et méprisants » qui lui ont valu un dépôt de plainte et une demande expresse de destitution de la Présidence de la Fondation de l’Islam de France.

« Il est également nécessaire que des sanctions administratives soient prises à l’égard de Monsieur Benckeikh, qui ne saurait continuer à présider une institution dont l’objet correspond exactement aux valeurs prônées et défendues par Monsieur Chalghoumi mais qui, à la lecture de l’article litigieux, sont devenues à l’opposé de celles de Monsieur Bencheikh » avait clairement précisé l’avocat de l’Imam de Drancy.

En à peine trois ans, GVB qui est installé depuis 2014 en tant qu’entrepreneur individuel dans l’enseignement dans la ville de Cachan au sein de la région de l’Ile de France, a clairement montré ses limites dans la gestion d’une institution dont les missions le dépassent manifestement, telle celle de s’adresser à tous les citoyens de la même manière, faire reculer l’esprit de discrimination, restaurer chez les musulmans « l’estime de soi » et favoriser chez les non-musulmans un regard où la compréhension, la considération et l’aménité prendraient toute leur place. Non, rien de tout cela !

Mais pour espérer tout de même une réélection à la tête de la Fondation de l’Islam de France (FIF), GVB n’a guère trouvé mieux que de s’engager au mois de juin prochain à se rendre en Israël…

« Toutes les compromissions sont bonnes pour GVB, l’essentiel est de se maintenir honteusement à la tête de la fondation. Il a tellement d’avantages à perdre s’il ne repliait pas » Assène le même ancien cadre de l’Institut el Ghazali.

Il faut dire qu’en Franc-maçon assumé, opportuniste et fréquentant certains milieux médiatiquement influents, GVB ne cesse de surprendre une communauté musulmane formaliste, acceptant bien mal de voir une personne se déclarant les représenter, fricoter avec des milieux occultes et fréquenter avec assiduité les clubs les plus hétéroclites pour étendre ses réseaux, oubliant qu’un musulman doit d’abord fréquenter les mosquées et connaitre ses coreligionnaires…

Il faut dire que très tôt pour se hisser sur la scène médiatique, GVB avait opportunément entrepris de fréquenter avec grande assiduité les faiseurs d’opinions porteurs de la doctrine controversée du racisme antiblanc promue par les néoconservateurs de droite.

« Pour ce faire, il s’en est même allé à faire ami-ami avec Alain Finkielkraut, l’islamophobe notoirement connu » Nous rappelle notre source.

Alors que les positions polémistes anti-émigrés d’Alain Finkielkraut concernant les Noirs, les Arabes, les Antillais, sont connues de tous tant il ne cesse de les brandir pour entretenir le brasier de la partition sociale, il semble que même GVB ait oublié que son Ami conjoncturel est un descendant d’émigrés de la 3e génération…

L’éminent sociologue français Pierre Bourdieu en 2002, avait fait d’Alain Finkielkraut l’exemple typique de ce qu’il appelle le « pauvre Blanc de la culture » !

« Le problème que je pose en permanence est celui de savoir comment faire entrer dans le débat public cette communauté de savants qui a des choses à dire sur la question arabe, sur les banlieues, le foulard islamique… Car qui parle ? Ce sont des sous-philosophes qui ont pour toute compétence de vagues lectures de vagues textes, des gens comme Alain Finkielkraut. J’appelle ça les pauvres Blancs de la culture. Ce sont des demi-savants pas très cultivés qui se font les défenseurs d’une culture qu’ils n’ont pas, pour marquer la différence d’avec ceux qui l’ont encore moins qu’eux. […] Actuellement, un des grands obstacles à la connaissance du monde social, ce sont eux. Ils participent à la construction de fantasmes sociaux qui font écran entre une société et sa propre vérité ». Avait conclu Pierre Bourdieu.

Qu’à cela ne tienne, comme dans les noces de Cana, Finkielkraut et ses amis vont miraculeusement transformer le Racisme en sa nouvelle forme de racisme antiblanc, n’hésitant pas à lancer, dans le journal Le Monde le 25 mars 2005, un appel contre les “ratonnades anti-Blancs”… Appel soutenu et relayé par le mouvement sioniste de gauche Hachomer Hatzaïr et la radio communautaire juive Radio Shalom, et signé par Bernard Kouchner, Jacques Julliard et… Ghaleb Bencheikh.

Finalement, qui peut réellement croire qu’après ses échecs retentissants à la tête de la FIF, Ghaleb Victor Bencheikh puisse être la solution idoine à même de consolider la concorde nationale, contribuer d’une part à la construction d’un Islam de France ancré dans la société française dans les principes et les valeurs républicains, et d’autre part soutenir la lutte contre les préjugés et l’ignorance. Probablement peu de monde !

 

Souhil Boughanem

souhil.boughanem@protonmail.com

 

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