Le Catastrophique Bilan de Khelifa Ounissi à la Tête de la DGSN

Il était certes nécessaire de sanctionner les manquements de certains fonctionnaires de Police de la capitale algérienne, responsables, aux yeux du commun des mortels et de la loi, d’une flagrante défaillance dans la surveillance en temps réel de la sécurité des secteurs dont ils ont la charge.

Après l’attaque du siège de la compagnie Sonatrach, le 1er Février 2021, par une horde de supporters du Club de football du Mouloudia d’Alger ayant causé des dégâts estimés à plus de trois millions de dinars, le Directeur Général de la Sureté Nationale, Khelifa Ounissi, a décidé de se séparer de pas moins de quatre de ses collaborateurs.

Il s’agit du chef de sûreté de daïra de Bir-Mourad Rais, du chef de la sûreté urbaine de Hydra, le chef du service des renseignements généraux de la sûreté de daïra de Bir-Mourad Rais et du chef de la sûreté de Bab el Oued.

Pourtant, quelques jours auparavant, soit le 11 Janvier 2021, lors de la cérémonie d’ouverture des travaux du 5ème Colloque national des chefs de services des wilayas de la sûreté publique, en présence des directeurs centraux de la Direction Générale de la Sûreté Nationale (DGSN), suivie en direct par visioconférence par les inspecteurs régionaux de la police et les 48 chefs de sûreté des wilayas, Khelifa Ounissi s’était satisfait du bilan général et avait salué les efforts consentis en faveur de la sécurité des citoyens et de leurs biens par les différents services de police à travers le territoire national…

Khelifa Ounissi – DGSN Algérie

Or selon Said Arezki, Responsable de la Police Judiciaire de la DGSN, la criminalité en Algérie est en hausse en 2020 par rapport à 2019. En 2020, ce sont en effet plus de 258.000 affaires qui avaient été enregistrées et plus de 246.000 personnes ont été arrêtées !

La cybercriminalité en hausse de 22,63% entre 2019 et 2020, et la pédophilie sur internet en hausse de plus de hausse de 115%, s’expliqueraient selon le même responsable par une mauvaise utilisation des réseaux sociaux avec la généralisation de l’accès à Internet…

Concernant le commerce de drogue, le DG de la PJ a révélé que ce trafic était également en hausse de près de 40 %, à l’origine de l’inquiétante émergence de gangs violents qui sévissent dans tous les quartiers.

On se demande à quel bilan satisfaisant fait référence Ounissi, alors que depuis son installation à la tête de la DGSN au mois d’Aout 2019 par le Président par Intérim Abdelkader Bensalah, la Police est le siège de graves polémiques suscités par d’effrayants dérapages…

En effet, le 29 décembre 2020, le décès d’un suspect dans des affaires de drogue après son arrestation par les éléments de la sureté de la wilaya d’Oran, avait provoqué une vive colère parmi les citoyens de la deuxième ville algérienne. Un mois auparavant un jeune homme de 30 ans avait rendu l’âme à l’intérieur du siège de la 15e brigade de sûreté urbaine d’Oran, un décès qualifié de suicide.

En octobre 2020, c’est un autre suspect qui a trouvé la mort, suite à son arrestation par les policiers de la ville de Khenchela. Il se serait défénestré du 1er étage des locaux de police. Le 29 juillet 2020 les services de police de la sûreté de daïra d’Hussein-Dey relevant de la sûreté de wilaya d’Alger ont interpellé un citoyen. Celui-ci se serait alors volontairement cogné la tête contre la porte du commissariat de Jolie-Vue, ce qui a finalement entrainé, quelques heures après, sa mort…

Cela n’empêche pas Khelifa Ounissi, malgré les insistantes informations sur son prochain limogeage et qui rappelons-le avait été imposé par les généraux Ahmed Gaïd-Salah et le directeur de la sécurité intérieure Wassini Bouazza aujourd’hui en prison, d’espérer occuper le poste de…Ministre de l’Intérieur lors du prochain remaniement, en remplacement de Kamel Beldjoud, pressenti lui pour le poste de Premier Ministre !

A ce titre, le DGSN multiplie depuis quelques jours les sorties largement médiatisées sur le terrain, vendant une image d’un responsable actif et proche de sa base, alors que les chiffres effarants de la criminalité depuis son installation, devraient en principe l’exclure définitivement de cette mission.

D’autre part, une bonne partie des agents de police attend toujours les 30.000 DA de prime Covid-19 promise par leur premier responsable, Khelifa Ounissi. Ces agents de Police, excédés, se sentent aujourd’hui floués par leur hiérarchie, eux qui ont veillé à l’application des mesures préventives et au respect des protocoles sanitaires pris par les pouvoirs politiques, alors que plus de 100 des leurs ont perdu la vie depuis le début de la pandémie de coronavirus en Algérie.

Une exaspération d’autant plus vive que dans le Pays voisin, les 80.000 fonctionnaires de la Direction générale de la sûreté nationale du Maroc ont reçu, dès le mois de Décembre 2020, une prime exceptionnelle en signe de reconnaissance à servir et protéger les citoyens, tout comme ils ont, pour certains depuis le 29 janvier 2021, reçu la première dose du vaccin contre le Covid-19 à la préfecture de police de Casablanca… Honteux !

A se demander finalement si, comme pour les 4 Responsables de sûreté fraichement suspendus à Alger, le DGSN, premier Policier, n’aurait pas du être limogés pour avoir failli dans ses missions. Un Deux-poids Deux-mesures inacceptable !

 

Alors à quand le véritable changement ?

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