Le Sombre Rapport de Transparency International sur la Corruption au Maghreb !

Le 28 Janvier 2021, Transparency International (TI), un mouvement mondial qui œuvre pour mettre fin à l’injustice de la corruption dans le monde, a publié son ultime rapport sur l’Indice de Perception de la Corruption (IPC).

Ce rapport, qui a passé en revue 180 Pays et territoires en fonction du niveau de corruption perçu dans le secteur public, s’appuie sur 13 évaluations d’experts et enquêtes auprès de dirigeants d’entreprises dans le monde, dont les sources proviennent de 12 institutions différentes qui saisissent les perceptions de la corruption relevées au cours des deux dernières années.

L’indice de perception de la corruption établit un système de points allant de 0 à 100, dans lequel 0 correspond à un pays extrêmement corrompu et 100 à un pays sans corruption.

Parmi ces critères, les versements de pots-de-vin, les détournements de fonds publics, l’utilisation de la fonction publique à des fins privées, le népotisme dans la fonction publique ou encore la captation de l’État. Certaines sources examinent également les mécanismes disponibles pour prévenir la corruption dans un pays, tels que la capacité du gouvernement à faire appliquer des mécanismes d’intégrité, la poursuite en justice efficace des fonctionnaires corrompus, la lourdeur administrative et le fardeau bureaucratique excessif, l’existence de lois pertinentes sur la divulgation financière, la prévention des conflits d’intérêts et l’accès aux informations ou enfin la protection juridique des lanceurs d’alerte, des journalistes et des enquêteurs.

Le constat qui conclut le rapport 2020 de TI, Organisation Non Gouvernementale (ONG) basée à Berlin en Allemagne, est on ne peut plus clair. La corruption persistante mine les systèmes de soins de santé, le privant de 500 milliards de dollars par an, et contribue au recul démocratique au milieu de la pandémie COVID-19 !

Delia Ferreira Rubio, Présidente de Transparency International, a déclaré que : « La COVID-19 n’est pas seulement une crise sanitaire et économique. C’est une crise de corruption […] L’année écoulée a mis à l’épreuve des gouvernements comme aucun autre en mémoire, et ceux qui ont des niveaux de corruption plus élevés ont été moins en mesure de relever le défi » !

La preuve est donnée par le bon classement de pays comme le Danemark la Nouvelle-Zélande ou la Finlande, qui arrivent en tête de l’indice des pays les moins corrompus pour l’année écoulée, alors que la Syrie, la Somalie et le Soudan du Sud, arrivent en dernier…

Pour TI, les pays qui sont les moins susceptibles de violer les normes et institutions démocratiques ou l’état de droit, sont précisément ceux qui investissent davantage dans les soins de santé, et qui peuvent ainsi, de facto, fournir une meilleure couverture sanitaire universelle.

Autrement dit, la corruption et le COVID-19 aggravent le recul démocratique des pays, compromettant ainsi leur combat pour la justice sociale et économique, les droits de l’homme, la paix et la sécurité !

Pour réduire la corruption et mieux répondre aux crises futures, Transparency International recommande à tous les gouvernements de renforcer les institutions de contrôle pour garantir que les ressources atteignent ceux qui en ont le plus besoin, que les autorités anti-corruption et les institutions de contrôle doivent disposer de fonds, de ressources et d’indépendance suffisants pour s’acquitter de leurs tâches, de garantir des contrats ouverts et transparents pour lutter contre les actes répréhensibles, identifier les conflits d’intérêts et garantir des prix équitables.

Mais également défendre la démocratie et promouvoir l’espace civique pour créer les conditions propices à la responsabilisation des gouvernements, et enfin publier des données pertinentes et garantir l’accès à l’information pour garantir que le public reçoive des informations faciles, accessibles, opportunes et significatives !

Notons que le score moyen des 180 pays scrutés par TI est de seulement 43, et que les deux tiers de ces pays ont un score inférieur à 50…

Au Maghreb, Transparency International a classé la Tunisie à la 69ème place dans l’indice de perception de la corruption (IPC) sur l’ensemble des 180 pays au titre de l’année 2020, et 10ème à l’échelle africaine. Tunis enregistrant par-là une avancée de cinq rangs dans le classement IPC par rapport à l’année précédente, totalisant 44 points sur 100.

Le Maroc, avec 40 points sur 100, a été classé 86e par Transparency International, Rabat rejoint la « Zone de corruption chronique » en 2020 en se classant 15ème sur le continent africain, après avoir perdu 6 places dans l’IPC mondial par rapport à l’année dernière, après avoir déjà perdu sept places en 2019.

L’Algérie arrive 104ème sur 180 Pays, gagnant deux places par rapport au précédent classement, tout en se classant désormais 19ème en Afrique. Alors qu’elle maintenait un score de 35 Points en 2018 et 2019, Alger totalise désormais 36 points dans l’IPC en 2020.

La Mauritanie, 30ème en Afrique occupe la 134ème place mondiale en 2020 selon Transparency International, avec 29 points sur 100. Notons que Nouakchott est classé 144ème en 2018 et 137ème en 2019.

Et enfin la Libye, classée par l’IPC 2020 50ème sur 54 Pays africains, et qui occupe la 173ème place mondiale, perdant 5 places par rapport à 2019, avec seulement 17 points d’indice de perception de la corruption sur une échelle de 100.

En plus de l’indice de perception de la corruption de Transparency International qui s’établit à une moyenne de 33,2 pour les pays du Maghreb, plusieurs autres mesures de la corruption tels l’indice de transformation de la Fondation Bertelsmann, les rapports de Global Integrity, l’étude sur la liberté dans le monde de Freedom House et les indicateurs de gouvernance de la Banque mondiale, montrent que le niveau de corruption est très élevé dans de nombreux pays de la région, en comparaison avec la moyenne mondiale.

En effet, avec la régression du Maroc et de la Libye et malgré l’amélioration constatée dans le classement en 2020 de Transparency International pour la Tunisie, l’Algérie et la Mauritanie, la région reste toujours perçue comme hautement corrompue, avec peu de progrès accomplis dans la lutte contre la corruption !

Fabienne Outar 

fabienne.outar@protonmail.com

 

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