Une Crise Majeure et des Algériens Toujours pas Vaccinés !

Le lancement de la campagne de vaccination contre la Covid19 ne pourra pas avoir lieu au mois de Janvier 2021, comme l’avait exigé le Président de l’Algérie Abdelmadjid Tebboune. Le gouvernement algérien n’a pas su gérer l’acquisition et l’approvisionnement du vaccin anti-Covid19, malgré les possibilités offertes par plusieurs laboratoires internationaux.

De nombreux articles ont été publiés sur les différents types et principaux vaccins développés pour lutter contre le Sars-Cov2.

Pour résumer, nous pouvons dire que les nouveaux vaccins génétiques, proposés par Pfizer-BioNTech ou Moderna, injectent dans l’organisme des brins d’instructions génétiques appelées ARN messager, pour faire fabriquer par nos cellules des protéines ou “antigènes” spécifiques du coronavirus, qui vont être livrées au système immunitaire pour produire des anticorps.

Les vaccins dits conventionnels, proposés par l’indien Bharat biotech, les Chinois Sinovac, Sinopharm et l’anglais Astrazeneca utilisent quant à eux le principe préventif, connu et efficace, qui consiste à injecter dans l’organisme un virus isolé et inactivé afin d’entraîner notre système immunitaire à reconnaître le coronavirus pour le neutraliser lors de l’infection.

Enfin les vaccins à “vecteur viral”, qui utilisent comme support un autre virus peu virulent, transformé pour y ajouter une partie du virus responsable du Covid-19, tels celui du centre russe d’épidémiologie et de microbiologie de Gamaleïa.

Tous ces vaccins sont efficaces, mais certains ne semblent pas constituer une réelle opportunité pour l’Algérie, par rapport aux contraintes de stockage et de distribution, de prix et de disponibilité.

En effet, les nouveaux vaccins à ARN messager doivent être maintenus à des températures extrêmement basses, sans rupture de la chaine de froid, ce qui parait assez difficile à assurer dans notre pays.

D’autre part, « Les vaccins à ARNm sont un nouveau type de vaccin et il n’y a [actuellement] aucun exemple [de vaccin] utilisé avec succès sur la population » a affirmé avec justesse un professeur associé de l’université technologique de Nanyang à Singapour.

Aussi, Alger n’a d’autre choix que de se tourner vers les vaccins classiques tels le Covishield du britannique AstraZeneca, le CoronaVac du chinois Sinovac, le Covaxin de la société indienne Bharat Biotech, le Sputnik V du Centre d’épidémiologie et de microbiologie Gamaleïa de Moscou, et enfin l’autre vaccin chinois de Sinopharm.

Les autorités algériennes, sous pression, ne doivent pas négliger d’autres aspects liés à la disponibilité du vaccin et à son rapport qualité/prix, et ce dans le strict respect de la déontologie commerciale et aux règles impérieuses qui prévalent dans l’approvisionnement de ce produit sensible.

Nous avions publié dans une de nos dernières éditions une extraordinaire enquête sur le recours à des intermédiaires pour l’acquisition du vaccin du chinois Sinopharm, et au risque que certains responsables algériens faisaient courir à l’Algérie en adoptant cette démarche opaque et insensée.

Pour une meilleure transparence, les autorités chinoises ont récemment adopté une procédure stricte et un contrôle gouvernemental rigoureux, exigeant à travers un organisme national autorisé par chaque pays désirant acquérir le vaccin chinois, de remplir un document officiel transmis par voie diplomatique. Une fois le dossier accepté, une homologation, autorisation spécifique et unique, est adressé au pays importateur lui permettant de procéder directement à la négociation et à l’importation des produits médicaux choisis. Cette procédure a été pensée dans le but d’éliminer les intermédiaires dans la chaine d’approvisionnement des vaccins anti-Covid19 et d’augmenter la transparence sur les prix et les marges de ces produits délicats.

En adoptant les mêmes exigences excluant les intermédiaires, en étudiant les offres du marché et les vaccins ne nécessitant pas des lourdeurs logistiques pour un stockage sous très basse température, enfin en recourant au principe du mieux disant (et pas au moins disant !), la liste des potentiels fournisseurs de vaccin anti-Covid19 pour l’Algérie se voit réduire à trois principaux laboratoires internationaux : Astrazeneca, Sinovac Biotech Ltd et Gamaleïa.

Basée à Cambridge, au Royaume-Uni, AstraZeneca est une société biopharmaceutique mondiale qui se concentre sur la recherche, le développement et la commercialisation de médicaments pour le traitement de maladies dans plusieurs domaines thérapeutiques – Oncologie, Cardiologie, Rénal, Respiratoire et Immunologie.

Le vaccin développé par Astrazenca, en collaboration avec l’université Oxford, peut être conservé, transporté et manipulé dans des conditions réfrigérées normales, de deux à huit degrés Celsius pendant une période minimale de six mois.

Le vaccin COVID-19 d’AstraZeneca, connu sous le nom de Covishield, utilise un vecteur viral déficient de chimpanzé et contient le matériel génétique de la protéine de pointe du virus SARS-CoV-2.

Le Covishield est fabriqué localement en Inde par le Serum Institute of India, le plus grand fabricant de vaccins au monde, qui déclare produire plus de 50 millions de doses par mois. Son prix de vente sortie d’usine serait situé entre 2 et 4 dollars par dose.

Lazerhead pharma, créée en Janvier 1979, se trouve à Hyderabad dans la province de Telangana en Inde. Elle produit également le vaccin Covishield, développé au Royaume-Uni, mais le prix proposé indirectement à l’Algérie est de 7 dollars CIF pour 20 Millions de doses, avec un délai de livraison immédiat après paiement.

Si plusieurs organisations non gouvernementales ont déploré l’approbation du Covishield qu’elles déclarent précipitée parce que le fabricant n’a pas terminé une “étude de transition” du vaccin sur les Indiens, Astrazeneca a affirmé qu’elle tenterait de mener l’essai de transition du vaccin en Inde en février.

Sinovac Biotech Ltd, une société biopharmaceutique basée à Pékin en Chine, a développé et produit le CoronaVac, un vaccin anti-Covid19 au virus inactivé. La société, qui est à l’origine du premier vaccin inactivé contre l’hépatite A ou du premier vaccin H1N1 au monde en 2009, vient de construire une deuxième ligne de production de son vaccin anti-Covid19, qui doit entrer en service au mois de février 2021, portant ainsi sa capacité de production annuelle à un milliard de doses !

Le prix du CoronaVac se situerait entre 14 et 17 dollars la dose, Sinovac pouvant fournir au minimum 30 Millions de doses à l’Algérie, dont six (06) millions immédiatement sous 10 jours ouvrables.

Concernant son efficacité, Natalie Dean, biostatisticienne à l’Université de Floride, a déclaré :

« Lorsque nous parlons d’efficacité des vaccins, nous pensons souvent à un seul chiffre, mais en réalité, il existe de nombreux types d’efficacité différents et vous pouvez les considérer comme un spectre », explique Dean, qui se spécialise dans les maladies infectieuses et la conception d’études de vaccins.

Dean dit que les vaccins fonctionnent généralement mieux pour prévenir les maladies graves. C’est ce que l’essai au Brésil a révélé concernant le CoronaVac du chinois Sinovac qui a atteint un taux d’efficacité de 78% pour les personnes ayant développé des signes modérés ou grave s de la maladie. Mais lorsque les chercheurs ont inclus ce qu’ils ont appelé des symptômes « très légers » qui ne nécessitaient aucune attention médicale, l’efficacité du vaccin a chuté à 50,4 %.

 

 

 

 

 

 

Enfin, le vaccin russe Gam-COVID-Vac, connu sous le surnom Spoutnik V et la marque Sputnik V, a été, en Août 2020, le premier vaccin à être enregistré dans le monde.

Sputnik V, est en fait un vaccin viral à deux vecteurs basés sur deux adénovirus humains, un virus du rhume commun présentant un cout, selon Moscou, inférieur à 10 Dollars par dose pour les marchés internationaux.

Même s’il n’a été testé que sur un petit groupe de personnes pendant les premières phases cliniques qui ont duré deux mois, alors que la mise au point d’un vaccin à usage généralisé exige au minimum un an d’essais cliniques pour déterminer son innocuité et son efficacité contre une maladie virale, le directeur du Fonds russe d’investissements directs (RFPI), Kirill Dmitriev, avait déclaré, mi-décembre 2020, que la troisième phase des essais permettait d’évaluer l’efficacité du Spoutnik-V à 91,4 %, après injection des deux doses recommandées.

Selon des sources officielles, l’Algérie aurait dégagé une enveloppe de 9,2 millions d’euros pour l’acquisition d’une première tranche de 500 000 doses de ce vaccin, ce qui ferait un prix de 18,4 Dollars la dose. Un prix largement prohibitif !

Voilà qui devrait aider le Premier Ministre Algérien Abdelaziz Djerrad, qui, selon nos sources, a enfin réuni son équipe aujourd’hui 24 Janvier 2021, pour enfin choisir les vaccins anti-covid19 que le Pays s’apprête à acquérir.

Mieux vaut tard que jamais diraient certains. Pas nous ! Car tôt ou tard, il faudra rendre des comptes et situer précisément les responsabilités de ces incompétents ayant menti aux citoyens algériens sur la date de la campagne de vaccination et sur la gestion catastrophique de la situation sanitaire du Pays.

Pauvre Algérie…

 

Amir Youness

youness.amir@protonmail.com

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