Voilà Pourquoi la Tunisie Se Retrouve au Bord du Gouffre !

La Tunisie se trouve empêtrée depuis près de 10 années dans de nombreux problèmes qui mettent à mal l’autorité de l’Etat et sa stabilité sur le plan politique, sécuritaire et économique.

L’ouverture démocratique, entamée suite au printemps arabe, n’a finalement pas pu aboutir à un système permettant aux tunisiens de se sortir des années de plomb de l’ère Ben Ali, et de la main mise absolue d’une petite caste de prédateurs sur l’ensemble des leviers du pouvoir.

La crise de la covid19 survenue il y a près d’une année est venue rendre encore plus insupportable la terrible tourmente qui frappe le pays, affectant encore un peu plus le paysage économique et social, avec un taux de chômage qui devrait atteindre très probablement les 35 % à la fin 2020.

Un chômage qui frappe en premier lieu les diplômés de l’enseignement supérieur, que viennent encore exacerber les 200.000 emplois perdus à cause de la crise sanitaire et une baisse de l’investissement et de l’épargne au cours de l’année 2020.

Des problèmes qui ont vu l’émigration clandestine de jeunes tunisiens vers les côtes italiennes s’accélérer durant l’année 2020.

Une quête de changement ayant vu l’organisation de grèves sectorielles touchant toutes les professions, et plus de 7 000 mouvements de protestation pour la seule année 2020, à cause de la catastrophique situation de la Tunisie.

Des mouvements sociaux qui ont entravé la production de Phosphate du Pays, après avoir été classé le troisième producteur mondial avec une production de 8 Millions de tonnes il y a tout juste dix années, au point d’en importer pour subvenir à ses besoins agricoles…

Le Président de la République, Kais Saied et Hichem Mechichi, Le chef du gouvernement tunisien ont dû appeler les forces de sécurité à intervenir pour repousser les manifestants qui bloquent les sites de production industrielle, après les séries de mobilisations sociales à travers le pays.

Une situation révélatrice de l’évident échec politique d’un Pays dont le front social est en ébullition, rendant l’avenir dangereusement incertain.

Car endetté, le pays a vu sa dette extérieure dépasser les 30 Milliards de dollars pour un budget 2021 estimé à près de 19 milliards de dollars…

Marouan Abassi, le gouverneur de la Banque Centrale de Tunisie (BCT) avait pourtant prévenu ses compatriotes, leur annonçant que pour l’année 2020, le produit intérieur brut du pays devrait baisser de près de 7 % alors que la croissance économique durant l’année en cours devrait se situer au-delà de 7 % et l’inflation dépasser les 6 % à la fin de l’année 2020, ce qui contraint les autorités politiques et financières tunisiennes à devoir emprunter plus de 7 Milliards de Dollars pour équilibrer leur budget !

Exercice qui semble bien difficile eu égard à l’absence de vision claire et de l’instabilité politique du Pays, mais également à cause d’un système financier opaque, manquant de transparence et conjugué à une mauvaise gouvernance, qui peine à assurer aux citoyens tunisiens de nouveaux postes d’emploi, un meilleur cadre de vie et une maîtrise des prix, notamment des produits alimentaires…

En près de dix ans, après avoir consommé trois chefs d’Etat élus, neuf chefs de gouvernement désignés, une constituante et deux législatures démocratiquement élues, la première force politique du Pays, le parti politique tunisien islamiste conservateur Ennahdha de Rached Ghannouchi, n’a pas pu empêcher la Tunisie de se transformer en un état défaillant, qui semble prendre le chemin de la faillite et le chaos tant social que sécuritaire.

Certains experts en sécurité estiment qu’un terrorisme latent existerait en Tunisie. Il serait alimenté en plus de la perception de l’Etat comme corrompu, par le marasme général du Pays, capable de précipiter une jeunesse désœuvrée dans les bras d’une florissante activité de contrebande frontalière en lien avec les groupes terroristes libyens ou subsahariens.

Au début du mois de Novembre 2020, après la rencontre du Président de la République tunisienne Kais Saïed avec le ministre français de l’Intérieur, Gérald Darmanin, Tunis et Paris avaient tenté de remédier au phénomène du terrorisme, en traitant les causes réelles de ce fléau, ainsi que la nécessité de freiner la migration irrégulière.

Une visite qui faisait suite à l’attaque terroriste perpétrée le 29 octobre 2020 à l’église Notre-Dame dans la ville de Nice en France, après la publication des médias français de caricatures offensantes envers le Saint Prophète, ayant entrainé la mort de trois personnes par un ressortissant tunisien qui était arrivé en France 24 à 48 heures avant l’attaque…

Des efforts qui resteraient vains avec l’instabilité politique persistante et une crise économique ravageuse. Le 20 Décembre 2020, le corps d’un jeune berger de 20 ans a été découvert décapité, dans la région de Kasserine, dans le centre de la Tunisie. Mohsen Dali, substitut du procureur général au tribunal de première instance de Tunis, avait déclaré : « Il est probable qu’un groupe terroriste soit derrière l’attaque ».

Un constat au gout amer et des perspectives qui s’annoncent difficiles et bien incertaines.

Fabienne Outar

fabienne.outar@protonmail.com

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