Sahara Occidental – La Prise de Conscience Internationale Qui Va bouleverser la Donne !

Le 21 Décembre 2020, lors du point de presse quotidien de Stéphane Dujarric, porte-parole du Secrétaire général de l’ONU, a informé de la tenue par le Conseil de sécurité d’une réunion à huis clos sur le Sahara occidental.

Cette rencontre, qui fait suite à la demande de l’Allemagne, a permis à Colin Stewart, le chef de la Mission des Nations Unies pour l’Organisation d’un Référendum au Sahara Occidental (MINURSO), et Bintou Keira, sous-secrétaire général de l’ONU pour l’Afrique, d’informer les Quinze sur les derniers développements au Sahara Occidental.

Rappelons que le Conseil de sécurité compte cinq membres permanents dotés d’un droit de veto (Etats-Unis, Russie, Chine, France et Royaume Uni) et dix membres non permanents élus pour deux ans.

Avant cette réunion, le porte-parole de l’ONU s’était exprimé sur la reconnaissance par l’administration du Président américain sortant à propos d’une marocanité du Sahara, indiquant : « Notre position n’a pas changé. Nous continuons de penser qu’une solution peut être trouvée par le dialogue sur la base des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité ».

A l’issue de cette rencontre, Jerry Matthews Matjila, l’ambassadeur de l’Afrique du sud et Président actuel du Conseil pour le mois de décembre, a informé la presse du désaccord de Pretoria quant à la reconnaissance par les Etats-Unis d’une quelconque souveraineté du Maroc sur le Sahara Occidental.

L’ambassadeur et représentant de l’Allemagne, Christoph Heusgen, ainsi que les représentants de la Belgique et de l’Estonie ont, quant à eux, appelé à la nomination d’un nouvel envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara occidental qui soit accepté par toutes les parties, rajoutant que la résolution du conflit du Sahara occidental devait se faire de manière pacifique, en suivant les règles, et en mettant en œuvre les résolutions de l’ONU, tout en appliquant le droit international.

Notons que l’Allemagne, qui possède un siège non-permanent et doit quitter le conseil à la fin de cette année 2020, a été vivement critiquée par la Russie et la Chine, lors de la réunion du Conseil de sécurité de l’ONU tenue le 16 Décembre 2020 sur la Syrie.

Au cours de cette houleuse réunion, les représentants de Moscou et de Pékin ont remis en question l’aptitude même de l’Allemagne à occuper un siège permanent au Conseil de sécurité de l’ONU.

« Si l’Allemagne souhaite rejoindre le Conseil de sécurité, le chemin sera difficile. La performance de l’Allemagne au Conseil de sécurité n’a pas répondu aux attentes du monde et aux attentes du Conseil », a asséné le diplomate chinois.

Il parait clair que le recours à un chantage de l’Administration américaine sur le départ, concernant le Sahara Occidental, ne fait pas la moindre unanimité auprès de nombreux pays, et encore même au sein des Etats Unis.

Nombreux ont été surpris que le Maroc ait aussi facilement accepté de normaliser ses relations avec Israël, en contrepartie de crédits militaires et de la reconnaissance d’un territoire revendiqué par un pays membre de l’Union africaine, et protégé par le droit international.

La même démarche a été entreprise par le Soudan, qui a vite accepté de normaliser ses relations avec Israël en contrepartie de son retrait de la liste américaine des États parrains du terrorisme et par les responsables des Émirats arabes unis qui ont pu acquérir des avions de combat furtifs F-35 américains suite à la signature des accords d’Abraham…

Pourtant, selon Lara Jakes, correspondante diplomatique basée au bureau de Washington du New York Times, il est possible que ces accords soient rejetés par le Congrès, ou annulés par l’administration du Président élu Joseph R. Biden Jr, et ce même si l’apaisement des tensions entre Israël et ses voisins régionaux est un succès, que les anciens présidents républicains ou démocrates espéraient depuis fort longtemps favoriser.

« Si toute diplomatie est transactionnelle, ces transactions mélangent des choses qui n’auraient pas dû être mélangées », a déclaré Robert Malley, président-directeur général de l’International Crisis Group, proche d’Antony Blinken, le choix de M. Biden pour le secrétaire de Etat.

Malley a prédit que la nouvelle administration Biden essaierait de revenir en arrière, ou diluer des parties des accords de normalisation qui défient les normes internationales, comme dans le cas de la souveraineté du Maroc sur le Sahara Occidental…

Bachir Outaghani

bachir.outaghani@protonmail.com



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