Tebboune et Erdogan S’entendent Pour Eliminer Leurs Opposants !

Fethullah Gülen, qui est basé aux États-Unis, a été accusé par Ankara d’être derrière la tentative de coup d’État de 2016 contre le Président Recep Tayyip Erdogan. Depuis, des dizaines de milliers de personnes ont été arrêtées, dont beaucoup dans les forces armées, la police et la justice.

Gülen, l’initiateur du mouvement Hizmet qualifié d’organisation “terroriste” par M. Erdogan, était autrefois un allié du Président turc, avant de devenir un farouche opposant du régime, au point que la Turquie veuille son extradition à tout prix.

Fethullah Gülen

Alors qu’un procès, ouvert le 1er août 2017, succédant à une répression sans précédent, ont mené à l’emprisonnement d’environ 77.000 personnes et a vu 130.000 autres licenciées de leurs emplois gouvernementaux en Turquie, aujourd’hui 26 Novembre 2020, un tribunal turc a condamné des centaines de militaires et civils d’une base aérienne à des peines de prison à perpétuité, les déclarant coupables de leur implication dans la tentative de coup d’État ratée de 2016.

Ce sont près de 475 accusés, dont des généraux et des pilotes d’avions de chasse à la base aérienne d’Akinci, à la périphérie de la capitale Ankara, qui étaient jugés depuis trois ans, accusés d’avoir dirigé le coup d’État et bombardé des bâtiments gouvernementaux clés, notamment une section du parlement turc.

Le gouvernement Turc ne veut pourtant pas en rester là et continue de traquer tos ses opposants de par le monde.

Le 24 Novembre 2020, un ressortissant turc, soupçonné d’être connecté au réseau de l’opposant turc Fethullah Gülen, a été extradé par l’Algérie vers la Turquie, après avoir été arrêtée, à la suite d’un travail conjoint du ministère turc des Affaires étrangères et de la Direction Générale de la sécurité Nationale.

Sous le coup d’un mandat d’arrêt international émis par les autorités judiciaires turques pour appartenance à l’organisation ”terroriste” de Gülen, le mis en cause a été livré aux représentants des autorités turques, venus en Algérie par un avion spécial appartenant à la Direction générale de la Sûreté d’Ankara.

La discrète déportation de ce directeur d’une société en Algérie, semble liée à la l’extradition, l’été dernier, du fugitif militaire algérien Guermit Bounouira. Ce dernier avait en effet été remis aux responsables de la sécurité algériens en Turquie le 30 juillet 2020, après avoir été accusé de divulgation de secrets militaires.

L’ancien adjudant-chef de l’Armée Nationale Populaire Bounouira, l’un des principaux collaborateurs de feu l’ex homme fort algérien et chef d’Etat Major de l’Armée algérienne Ahmed Gaid Salah, avait été accusé d’avoir vendu des informations classifiées à des fins personnelles et soupçonné d’avoir divulgué un graphique montrant les mouvements des officiers de l’armée, y compris leurs noms et codes…

Il faut savoir que l’extradition forcée de l’homme d’affaires turc n’est en rien un cas isolé. Arif Komiş, professeur de chimie en Malaisie sous la protection du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), avait été emmené de force en Turquie en Juin 2019.

En mai 2017, il y a eu deux expulsions de citoyens turcs vers Ankara, au motif qu’ils étaient affiliés au mouvement Hizmet : Turgay Karaman (43 ans), directeur de la Time International School, et Ihsan Arslan (39 ans), un commerçant établi à Kuala Lumpur !

Mais si en Malaisie un groupe de défense des droits humains a déclaré que l’expulsion d’Arif Komiş et de sa famille vers la Turquie à la demande d’Ankara, sur la base de ses liens avec le mouvement Hikmet, était «mauvaise et injuste», aucune organisation, journalistes ou défenseurs de droits de l’homme ne s’est ému du sort réservé à  cet homme renvoyé vers un pays qu’il a dû fuir à cause de la répression et des menaces de violations des droits humains contre les sympathisants du mouvement de Gülen…

Le gouvernement algérien aurait-il ignoré le principe international de non-refoulement, qui interdit le transfert de quiconque, de quelque manière que ce soit, vers un endroit où il serait réellement en danger pour sa sécurité ? Oui très probablement.

D’ailleurs, lors de la session plénière du parlement européen, les élus devaient adopter, ce jeudi 26 novembre 2020, une résolution d’urgence qui condamne la détérioration de la situation des droits humains en Algérie et réclame la libération des journalistes emprisonnés…

En tous les cas, le régime algérien semble avoir vite changé de discours et d’attitude vis-à-vis du chef religieux et opposant Gülen, à l’heure ou ses intérêts convergent avec ceux de la Turquie impliquée dans le conflit libyen.

En effet il y a 8 ans, au mois de novembre 2012, époque où Recep Tayyip Erdoğan était Premier Ministre, une conférence, intitulée « Perception de la civilisation à la lumière des enseignements de Fethullah Gülen et du chercheur algérien Malik bin Nabi», avait pourtant été tenue en Algérie sous l’autorité de Tahar Hadjar, alors recteur de l’Université d’Alger. Mohammed Ali Boughazi, qui était conseiller de l’ex Président déchu Abdelaziz Bouteflika, avait déclaré que Nabi et Gülen sont deux personnalités importantes du monde islamique et ils sont félicités dans le monde entier pour leurs efforts de promotion de la paix et de la tolérance !

Aujourd’hui, Erdogan Président et Abdelmadjid Tebboune au Palais d’El Mouradia, les relations avec la Turquie semblent avoir pris une nouvelle tournure, l’Algérie considérant qu’une alliance forte avec Ankara aiderait le gouvernement à booster son potentiel économique.

Le président algérien s’était également rangé du côté de la Turquie et du gouvernement d’accord national dans le conflit en Libye, affirmant que Tripoli était une “ligne rouge que personne ne devrait franchir“.

Les Présidents Recep Tayyip Erdoğan et Abdelmadjid Tebboune ont tenu des réunions bilatérales en marge de la conférence de Berlin sur la Libye en janvier 2020, et ont soutenu une solution politique au conflit, alors que leurs deux Pays connaissent une crise des droits de l’homme de plus en plus profonde au cours des dernières années, avec une profonde érosion de l’état de droit et de la démocratie…

D’autre part, la Turquie et l’Algérie ont également signé une déclaration conjointe visant à créer un conseil de coopération de haut niveau entre les deux pays afin de renforcer les liens.

Il faut dire que plus de 1.200 entreprises turques activant en Algérie, réalisant plus de 3,5 milliards de dollars de chiffres d’affaires et employant plus de 10.000 personnes, principalement dans le secteur de l’habitat qu’avait longuement dirigé l’actuel… Président algérien M.Tebboune.

Mieux encore, au début de l’année 2021, une commission mixte Algéro-turque va se tenir à Alger, qui verra la visite d’une délégation d’hommes d’affaires turcs, en prélude à une éventuelle signature d’un accord de libre-échange avec la Turquie.

Les droits de l’Homme, la démocratie, l’Algérie nouvelle ? Aux oubliettes !

YF.Cheikh

yf.cheikh@protonmail.com

 

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