Sahara Occidental Occupé, Maroc – Les Réelles Informations Sur La Nouvelle Prorogation Du Mandat De La Minurso !

Le 30 Octobre 2020, suite à la réunion tenue par le Conseil de Sécurité de l’Organisation des Nations Unies (ONU), un communiqué de presse a été publié concernant le Mandat de la Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un Référendum au Sahara Occidental (Minurso).

Le Conseil de sécurité se compose de 15 membres, dont cinq membres permanents : Chine, États-Unis d’Amérique, Fédération de Russie, France et Royaume-Uni, et 10 membres élus par l’Assemblée générale pour un mandat de deux ans que sont actuellement l’Afrique du Sud, l’Allemagne, la Belgique, l’Estonie, l’Indonésie, le Niger, la République Dominicaine, Saint Vincent et les Grenadines, la Tunisie et le Viet Nam.

Ainsi, hormis la Fédération de Russie et l’Afrique du Sud, les 13 autres membres du Conseil de sécurité ont soutenu la résolution 2548, prorogeant le mandat de la Minurso d’une année, jusqu’au 31 octobre 2021.

Aux termes de cette résolution, qui fait suite au texte du projet de résolution (S/2020/1039), et après avoir examiné le rapport du Secrétaire général en date du 23 septembre 2020 (S/2020/938), le Conseil de Sécurité dit appuyer pleinement les efforts du Secrétaire général pour maintenir le processus de négociation afin de parvenir à un règlement de la question du Sahara occidental.

Il se félicite de la volonté du Maroc, du Front POLISARIO, de l’Algérie et de la Mauritanie de rester engagés dans ce processus, en faisant preuve « de réalisme et d’un esprit de compromis ».

Le Conseil se félicite du fait que la situation au Sahara occidental est restée relativement calme, tandis que le cessez-le-feu tient toujours et que les parties respectent le mandat de la Minurso.  Tout en rendant hommage à M. Horst Köhler, l’ancien Envoyé personnel du Secrétaire général, pour avoir imprimé un nouvel élan politique, le Conseil dit attendre « avec intérêt » la nomination d’un successeur, « dans les meilleurs délais ».

Mais le plus important a été que le Conseil de sécurité indique que par cette résolution, les membres du Conseil demandent aux parties de reprendre les négociations sous les auspices du Secrétaire général, sans conditions préalables et de bonne foi, « en vue de parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable qui permette l’autodétermination du peuple du Sahara occidental ».

Ceci reprend textuellement le point N°4 du texte du projet de résolution (S/2020/1039) élaboré par les Etats unis et voté par les membres du Conseil de sécurité, qui affirme que le Conseil de Sécurité de l’ONU :

« Demande aux parties de reprendre les négociations sous les auspices du Secrétaire général, sans conditions préalables et de bonne foi, en tenant compte des efforts consentis depuis 2006 et des faits nouveaux survenus depuis, en vue de parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable qui permette l’autodétermination du peuple du Sahara occidental dans le contexte d’arrangements conformes aux buts et principes énoncés dans la Charte des Nations Unies, et prend note du rôle et des responsabilités dévolus aux parties à cet égard; »

Le communiqué de Presse du Conseil de Sécurité exige enfin que toutes les parties doivent coopérer avec la Minurso, « y compris en ce qui concerne sa liberté d’interagir avec tous ses interlocuteurs », et prendre les mesures pour garantir la sécurité, ainsi qu’une totale liberté de circulation et un accès immédiat au personnel des Nations Unies, comme l’indique encore la résolution.

Le Texte du projet de résolution (S/2020/1039) proposé, rappelait et réaffirmait toutes les résolutions antérieures sur le Sahara occidental, et attendait avec intérêt la nomination d’un nouvel envoyé personnel du Secrétaire général pour le Sahara occidental, dans les meilleurs délais.

La presse marocaine, au contraire tend à faire croire qu’à partir de 2007, toutes les résolutions concernant le territoire su Sahara Occidental occupé, seraient favorables aux propositions marocaines, ce qui est manifestement en contradiction totale avec les textes et charte de l’ONU et les différentes résolutions du conseil de Sécurité de l’ONU, que chacun peut aller librement consulter.

Le 30 avril 2007, le Conseil de sécurité des Nations unies avait adopté une nouvelle résolution (N°1754) qui engageait déjà les parties à négocier « en vue de parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable qui permette l’autodétermination du peuple du Sahara occidental ».

Et si le communiqué du Conseil de Sécurité n’a pas manqué de prendre note de la proposition marocaine présentée au Secrétaire Général de l’ONU le 11 avril 2007 tout en se félicitant des efforts sérieux et crédibles faits par le Maroc pour aller de l’avant vers un règlement, il a tout de même pris note également de la proposition du Front POLISARIO présentée au Secrétaire général, un jour avant la proposition marocaine, soit le 10 avril 2007…

Le projet de texte de résolution adopté qui réaffirmait la volonté du Conseil de sécurité d’aider les parties à parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable, basée sur le compromis, qui permette l’autodétermination du peuple du Sahara occidental dans le cadre d’arrangements conformes aux buts et principes énoncés dans la Charte des Nations Unies, a bien évidemment été interprété différemment par la presse du Maroc, et même expurgé de ces points les plus importants, au point de rendre la lecture du communiqué et de la nouvelle résolution du Conseil de Sécurité, totalement différent de l’esprit de ces importantes informations, pouvant tromper les lecteurs et l’opinion publique interne…

                                               

Le Conseil de Sécurité de l’ONU a pourtant noté le rôle et les responsabilités dévolus aux parties à cet égard. Ce qui exige, selon le texte, du Maroc, du Front POLISARIO, de l’Algérie et de la Mauritanie de coopérer et progresser sur la voie d’une solution politique.

Le projet de texte de résolution, proposé quelques jours avant son adoption par le Conseil de sécurité, considérait que la Minurso jouait un rôle important sur le terrain, s’agissant notamment d’aider le futur envoyé personnel du Secrétaire Général de l’ONU à trouver une solution politique mutuellement acceptable, et qu’elle devait, en ce sens, pouvoir s’acquitter pleinement de son mandat.

Car le conseil reste, rapportait le texte du projet de résolution, préoccupé par les violations des accords en vigueur, réaffirmant qu’il importait que soient pleinement respectées les dispositions de ces accords afin de maintenir la dynamique du processus politique au Sahara occidental, prenant note, en parallèle, des engagements souscrits par le Front POLISARIO auprès de l’ancien Envoyé personnel, et se félicitant à cet égard de savoir que, selon l’évaluation faite par le Secrétaire général le 23 septembre 2020, la situation au Sahara occidental est restée relativement calme, le cessez-le-feu tenant toujours et les parties respectant le mandat de la Minurso.

                                         Le Siège de la Minurso à Laayoune,                                             

Capitale de la République Arabe Sahraouie Démocratique (RASD)

Ce à quoi, le même texte engageait les parties, dans ce contexte, à faire preuve d’une plus grande volonté politique de parvenir à une solution, notamment en examinant de façon plus approfondie leurs propositions respectives et en renouvelant leur engagement en faveur de l’action menée par les Nations Unies en faisant preuve de réalisme et d’un esprit de compromis, et encourageant en outre les pays voisins à contribuer au processus politique, et à poursuivre leur coopération avec le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés en vue de définir et d’appliquer des mesures de confiance susceptibles de susciter la confiance nécessaire à la réussite du processus politique.

Rappelons qu’inscrit depuis 1966 à la liste des territoires non autonomes, et donc éligible à l’application de la résolution 1514 de l’Assemblée générale de l’ONU portant déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et peuples coloniaux, le Sahara occidental est la dernière colonie en Afrique, occupé depuis 1975 par le Maroc.

Le texte a par ailleurs souligné qu’il importait, pour toutes les parties, d’améliorer la situation des droits de l’homme au Sahara occidental occupé par le Maroc et dans les camps de réfugiés sahraouis à Tindouf administrés par le Front Polisario, qui garantissent le plein respect des droits de l’homme conformément au droit international, et à persévérer dans les efforts menés pour renforcer la promotion et la protection des droits de l’homme des Sahraouis, y compris les libertés d’expression et d’association.

En effet, les membres du conseil de sécurité ont pris note avec une vive préoccupation des souffrances persistantes endurées par les réfugiés sahraouis et de leur dépendance à l’égard de l’aide humanitaire extérieure et notant également avec une vive préoccupation l’insuffisance des fonds alloués à celles et ceux qui vivent dans les camps de réfugiés de Tindouf et des risques associés à la diminution de l’aide alimentaire.

Le Conseil, qui se déclare dans le point N° 16 du projet de texte de projet de résolution rester saisi de la question, demande enfin que l’enregistrement des réfugiés dans les camps de Tindouf, gérés par le Front Polisario, soit envisagé, tout en soulignant qu’il convient de déployer des efforts à ce sujet, car le statu quo n’est pas acceptable, et qu’il est essentiel que les négociations progressent pour que la qualité de vie des habitants du Sahara occidental s’améliore dans tous les domaines.

D’après le Gouvernement algérien, quelque 165 000 réfugiés sahraouis vivraient dans les camps de Tindouf. Les données statistiques relatives aux réfugiés étant destinées à des fins strictement humanitaires, l’Agence des Nations Unies pour les Réfugiés (UNHCR) avait estimé, en page 24 de son Rapport portant sur la période du 1er juillet 2019 au 30 juin 2020, que le nombre total de personnes nécessitant des services d’aide humanitaire est beaucoup plus élevé que le nombre communiqué…

Une fois encore, cela ne va pas plaire, mais au moins la vérité est rétablie !

Bachir Outaghani

bachir.outaghani@protonmail.com

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