L’Afrique du Sud et celle du Nord à L’Assemblée Générale de l’ONU – Quelle Position sur le Sahara Occidental et la Palestine ?

Le Président de la République, Abdelmadjid Tebboune a prononcé, le 24 Septembre 2020, par visio-conférence, une allocution à l’occasion de la tenue de la 75ème session ordinaire de l’Assemblée générale (AG) de l’Organisation des Nations unies (ONU) à New York.

Le Président de la République n’a pas manqué de rappeler les principes doctrinaux de la politique extérieure de l’Algérie et « son soutien aux causes justes », appelant à la mise en œuvre des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité, en particulier la tenue du référendum sur l’autodétermination au Sahara occidental.

Abdelmadjid Tebboune – Président Algérien

Il a par ailleurs déploré les obstacles qui entravent son règlement, notamment l’arrêt des négociations entre les deux parties au conflit et les atermoiements dans la désignation d’un nouvel Envoyé onusien pour le Sahara occidental. A cet égard, l’Algérie appelle à l’application des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité, notamment l’organisation du référendum d’autodétermination au Sahara occidental, reporté depuis plus de 29 ans, la désignation dans les meilleurs délais d’un Envoyé du Secrétaire général de l’ONU, la relance du processus de négociations entre les deux parties au conflit et la concrétisation des aspirations des peuples du Maghreb arabe et de l’Afrique, au développement et à l’intégration.

   

S’exprimant également sur cet important dossier lors de la 75e session de l’Assemblée générale des Nations unies, le Président sud-africain a réaffirmé le soutien de son pays aux thèses du Peuple Saharaoui. Cyril Ramaphosa a appelé pour « la fin de l’occupation illégale du Sahara occidental », mettant cette question au même rang que le « droit du peuple palestinien à l’autodétermination ».

Cyril Ramaphosa – Président Sud-Africain

« Alors que nous célébrons l’anniversaire de la fondation d’une organisation vouée à la liberté et à l’égalité, les peuples de Palestine et du Sahara occidental vivent toujours sous occupation », a-t-il insisté.

Concernant cette même question palestinienne qui reste pour l’Algérie et son peuple, non seulement une cause sacrée, mais également centrale, Abdelmadjid Tebboune a réaffirmé le soutien indéfectible de l’Algérie au peuple palestinien, à sa juste cause et à son droit inaliénable à l’établissement de son Etat indépendant et souverain avec El-Qods echarif pour capitale, partant de notre conviction que son règlement constitue la clé de la stabilité au Moyen-Orient.

Quelques jours auparavant, soit le 20 Septembre 2020, le président Abdelmadjid Tebboune avait préalablement déclaré que le pays “ne participera pas à la normalisation avec Israël”.

Notre foi en la nécessité d’une organisation onusienne forte nous incite à réaffirmer l’impératif de faire avancer le dossier de réforme globale de notre organisation, afin d’en améliorer les performances et d’en renforcer la compétence“, a-t-il poursuivi.

Rappelons que le 15 septembre 2020, Deux monarchies du Golfe, les Émirats arabes unis et Bahreïn, avaient signé les deux accords de normalisation avec Israël à la Maison-Blanche, sous les auspices du président américain Donald Trump, ignorant l’état de colère dans les cercles populaires arabes et le rejet palestinien.

En Tunisie, Sahbi Ben Fraj, co-fondateur du mouvement « Watan Adel », et analyste politique, interrogé à la mi-septembre sur la position officielle de la Tunisie, a répondu : « Elle ne pourra jamais s’éloigner de la position de l’ensemble des Tunisiens. A savoir une position hostile à toute relation avec Israël. Et cela ne va pas changer au fil du temps. Et aucun responsable politique tunisien ne peut s’aviser de penser qu’il y ait un accord de ce genre”.

Kaies Saied – Président Tunisien

La question palestinienne faisait partie du discours de l’actuel Président tunisien, Kaies Saied, dans ses tournées en vue des élections présidentielles de 2019. Il avait clairement fait de la cause palestinienne un point important dans sa campagne présidentielle. Pour lui toute relation avec Israël est un acte de haute trahison, des propos qu’il avait répétés lors du débat télévisé l’opposant à Nabil Karoui, l’autre protagoniste malheureux de l’élection présidentielle.

Au Maroc, quelques centaines de Marocains ont protesté vendredi 18 septembre à Rabat contre la « voie de la normalisation arabe » avec Israël,

A l’appel d’associations marocaines, les manifestants, munis de drapeaux palestiniens, ont critiqué les « pays traîtres » et « leurs alliés américains et sionistes »

Manifestants au Maroc le 18 septembre 2020 devant le Parlement de Rabat

Pays allié des Etats-Unis, le Maroc n’entretient officiellement pas de relations avec Israël mais des liens existent officieusement, notamment du fait de l’importance de la communauté juive d’origine marocaine estimée à 800.000 personnes. En même temps, la cause palestinienne est considérée comme une « cause nationale » mobilisant partis politiques et ONG opposés à toute normalisation avec « l’entité sioniste ».

Mohamed VI – Roi du Maroc

Des médias israéliens ont récemment cité le Maroc parmi les pays arabes susceptibles de normaliser leurs relations avec Israël, annonçant même l’ouverture prochainement d’une liaison aérienne directe entre le Maroc et Israël. « Cette information est dénuée de tout fondement », a déclaré à l’AFP un haut responsable gouvernemental marocain qui a requis l’anonymat.

La pression politique et médiatique subie par le Makhzen par les Etats unis sur ce sujet est telle que le Roi Mohamed VI, par ailleurs aussi président du Comité Al Qods, censé donc veiller à l’établissement d’un État palestinien aux côtés d’Israël, avec pour capitale Jérusalem, avait évité de rencontrer le secrétaire d’Etat américain, Mike Pompeo, de passage à Rabat en début d’année 2020.

« Nous voulons aussi dire à l’État marocain que le peuple n’acceptera jamais d’être impliqué dans les plans sionistes et américains et qu’il se révolterait si cela venait à arriver.” a déclaré à l’AFP, Taïb Madmad, membre de l’Association marocain des droits humains (AMDH) présent à la manifestation.

De leur côté, les Palestiniens considèrent les accords que les Émirats arabes unis et le Bahreïn ont signés avec Israël à Washington comme une trahison de leur cause et un coup porté à leur quête d’un État indépendant dans le territoire occupé par Israël.

Mahmoud Abbas – Président de l’Autorité palestinienne

Suite à cela et selon le Ministre palestinien des Affaires étrangères, la Palestine a été contrainte de quitter la présidence actuelle des réunions de la Ligue arabe, qui compte 22 États membres, dont une dizaine sont des pays africains, condamnant comme déshonorant tout accord arabe visant à établir des liens formels avec Israël.

Bachir Outaghani

bachir.outaghani@protonmail.com

TV Maghreb tvmaghreb.com

TV Maghreb - L'actualité en mouvement.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.