Documents Exclusifs – Ces 40 Millions d’Euros d’Argent Public Perdus au Mali par Mobilis !

Le Mali, qui recense plus de 24 Millions d’abonnés fixe et mobile, possède déjà trois opérateurs télécoms qui sont : la SOTELMA SA, opérateur historique détenu à 51% par Maroc Telecom depuis juillet 2009 et dont l’État demeure actionnaire, Orange Mali SA, filiale du Groupe Orange, présent depuis 2002 et ATEL SA qui a obtenu sa licence en 2013, mais qui n’a commencé son exploitation qu’en Février 2018.

En mars 2018, le gouvernement Malien avait décidé de mettre sur le marché une quatrième licence d’établissement et d’exploitation d’un réseau télécoms ouvert au public.

A travers cette nouvelle licence, le Ministre malien de l’économie numérique et de la communication, Mr Modibo Arouna Touré, avait expliqué que l’Etat souhaitait améliorer la couverture géographique du territoire national et l’accessibilité des populations aux services de télécommunications et dynamiser le marché télécoms.

L’opérateur public de téléphonie mobile algérien Mobilis, avec à sa tête Ahmed Choudar avant d’être promu quelques jours après président du Groupe Algérie Télécom, avait alors soumissionné pour ce marché de télécommunication, et avait obtenu, après dépouillement des offres techniques et de l’offre financière, un accord préliminaire d’attribution provisoire d’une licence globale comme l’avait annoncé la Ministre de la Poste, des Télécommunications, des Technologies et du Numérique, Houda-Imane Feraoun.

L’ex Responsable de Mobilis et Algérie Télécom Ahmed Choudar et l’ex Ministre des TIC Imène Houda Feraoun.

« L’opérateur Mobilis vient de recevoir un écrit officiel des autorités maliennes lui notifiant que son offre technico-financière a obtenu un accord pour l’obtention d’une licence globale”, avait précisé la ministre sur les ondes de la chaine 3 de la Radio algérienne au mois de décembre 2019.

L’accord préliminaire d’attribution provisoire de la licence à Mobilis nécessitait de nouvelles négociations techniques, commerciales et financières, avec le gouvernement malien, en prévision de l’ouverture du déploiement de la nouvelle filiale du Groupe Télécom Algérie au Mali.

Mobilis, filiale de l’opérateur algérien de télécoms, avait proposé au mois de Juin 2018, lors de la soumission, près de 23 milliards Fcfa (près de 36 Millions d’Euros) pour l’obtention de cette 4ème licence télécom, alors que le gouvernement malien espérait que l’arrivée d’un quatrième opérateur lui rapporterait un minimum de 50 milliards Fcfa (soit près de 80 Millions d’Euros).

Cette offre financière proposée par Mobilis était nettement inférieure à celle de la 3ème licence obtenue par l’homme d’affaires burkinabé, Apollinaire Compaoré, qui avait déboursé 55 milliards F CFA (Plus de 80 Millions d’Euros) payés en deux tranches.

Ahmed Choudar PDG Algérie Télécom à dr., Sid Ahmed Zaidi PDG Mobilis à g.

Ce qui avait d’ailleurs suscité une vive polémique pour les maliens qui avaient alors dénoncé les conditions d’attribution de la 4ème licence de téléphonie mobile à une entreprise étrangère, après l’élimination prématurée de Bintel / Koira Teknotelecom appartenant au malien Cessé Komé, mais surtout pour le flou qui avait entouré la communication officielle des résultats de l’appel d’offres…

Cessé Komé avait immédiatement réagi, dans une correspondance rendue publique le 2 juillet 2018, à l’octroi ”prématuré” de la licence à Mobilis rapporté par la presse.

« Dans le cadre du processus d’appel d’offres relatif à la 4ème licence de téléphonie globale du Mali, nous sommes profondément surpris et choqués en apprenant par voie de média une publication annonçant que Mobilis ATM a remporté ladite soumission pendant que l’évaluation des offres est en cours.

Nous condamnons vigoureusement cette attitude machiavélique portant atteinte non seulement à la crédibilité du Mali tout entier, mais également au département de l’Economie numérique.

Nous prenons à témoins l’ensemble des autorités nationales et internationales compétentes ainsi que la Commission d’évaluation en charge du processus d’appel d’offres. Il reste entendu et clair que cette annonce faite à dessein, porte gravement un préjudice sans précédent sur la transparence et l’équité de la présente soumission.

Afin de préserver la régularité et le sérieux de cet appel d’offres, nous souhaiterions que des enquêtes approfondies soient engagées mettant ainsi en exergue les raisons profondes des manœuvres prétentieuses » !

Il faut comprendre que l’attribution d’une licence téléphonique se fait par décret pris en Conseil des ministres et alors que la Ministre Houda Feraoun se réjouissait de l’attribution de la licence Malienne à Mobilis, le Conseil des ministres n’avait lui rien décrété… Étrange !

Après les premières réunions gouvernementales maliennes avec une forte délégation algérienne qui s’était déplacé à Bamako au mois de Décembre 2019, l’Algérie avait finalement, selon nos informations, augmenté son offre de plus de 3 milliards Fcfa (5 millions d’Euro).

Et depuis, plus rien… Après la chute du Président Algérien Abdelaziz Bouteflika et récemment celui du Mali Boubacar Keita, après le départ de Houda Feraoun en Janvier 2020 et d’Ahmed Choudar au début du mois de Septembre 2020, cette opération malienne est tombée à l’eau, mais elle aura tout de même coûté la bagatelle de 40 millions d’Euros au contribuable algérien, une somme versée à l’ancien gouvernement Malien aujourd’hui déchu et que le Trésor Public ne récupérera très probablement jamais. Pauvre Algérie…

Amir Youness

youness.amir@protonmail.com

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