Catastrophe ! Des Coupures Internet Programmées Dès Ce Mois de Septembre 2020.

Si vous pensiez que vous n’alliez plus subir de coupures d’internet, ce qui suit va vous persuader du contraire et vous convaincre que vous n’échapperez pas aux nouvelles coupures qui vont bientôt affecter l’Algérie. Une fois encore… Explications !

L’Algérie est raccordée à plusieurs câbles sous-marins de fibre optique :

1- Le South East Asia–Middle East–Western Europe 4 (Sea-Me-We4), relie l’Algérie au réseau internet mondial à partir de la ville d’Annaba reliée à Marseille. Ce câble appartient à un consortium de 16 pays, et est connu par ces pannes répétitives et ses coupures induites par les nombreux travaux de maintenance. L’Algérie y possède une capacité de 700Gbps.

2- Medex : qui est un câble privé, reliant l’Algérie aux Etats Unis d’Amérique et l’Asie passant par Marseille et l’Egypte. La capacité du Medex est de 2.2Tbps (Térabyte par Second) =2200 Gbps, ce câble a été mis en service en Mars 2019, seulement une capacité de 400Gbps sur 2,2Tbps a été activée.

3 – ALPAL-2 : c’est un câble point à point, Alger – Palma, d’une petite capacité de seulement de 40G, la capacité coûte 4 à 5 fois plus chère qu’une capacité sur d’autres câbles, ce qui n’en fait pas un câble stratégique pour l’Algérie.

4 – Le câble ORVAL / ALVAL, qui relie les villes d’Oran et Alger à Valence en Espagne, n’est pas en service. Il reste un petit tronçon (last mile) pour finaliser les travaux, mais le projet est bloqué par l’actuel Ministère chapeauté par M. Brahim Boumzar et par l’ex DG par Intérim M. Djouaher Mounir, qui ne montrent aucun empressement pour finaliser et mettre en service ce câble stratégique pour le développement d’internet en Algérie…

Le Sea-Me-We4, par lequel transite la majorité de la bande passante internet d’Algérie, est un câble qui possède une ancienne technologie se basant sur des cartes de 10 Gbps, alors que l’actuelle technologie est basée sur des cartes de 100 Gbps et 200 Gbps, 400Gbps.

Ainsi, pour permettre une capacité de 400Gbps sur le Sea-Me-We4, il est nécessaire d’activer 40 cartes de 10Gbps, alors que sur une nouvelle technologie il suffit d’activer seulement 4 cartes de 100Gbps, 2 cartes de 200Gbps ou bien uniquement une carte de 400Gbps !

C’est dire la maîtrise des coûts d’activation qu’offre la nouvelle technologie quant à la mise en service de plus grandes capacités, la maintenance plus aisée, comparéé au SeaMeWe4 qui arrive à saturation par rapport aux besoins des citoyens algériens, alors qu’il véhicule 80% de tout le trafic du Pays.

Rappelons qu’il est attendu pour les prochaines années une sollicitation plus importante des réseaux internet fixes et mobiles pour accéder aux services hauts débits en ligne pour les entreprises ou les personnes, et une consommation encore plus accrue avec le développement de la 5G, de l’Internet of Things (IoT) … qui vont relier des milliards d’équipements à Internet !

C’est ce qui explique les problèmes de lenteur de débit internet constatés ces dernières semaines en Algérie, qui ne sont pas, comme vous l’avez compris, causés par une coupure de câble sous-marin, mais par une consommation plus accrue… On vous laisse imaginer l’ampleur du désastre lors des prochaines coupures du câble qui auront lieux à partir de ce mois Septembre.

Ne compter que sur ce seul câble constitue déjà un véritable danger pour le développement économique du Pays en cas de coupure prolongée, mais devrait surtout alerter les pouvoirs publics sur le danger que constitue pour la sécurité nationale, l’absence de stratégie d’Algérie Telecom pour sécuriser le trafic internet sur les câbles sous-marin et pallier aux coupures…

Car il faut savoir que 4 nouvelles coupures du Sea-Me-We4 sont programmées au cours de cette année 2020 et en début de 2021 !

Ni l’Actuel Ministre des TIC ni la Direction d’AT ne remettront, au Premier Ministre ou au Président Abdelmadjid Teboune, le rapport de ces incidents à venir sur le câble Sea-Me-We4 et qui vont durer 5 à 7 jours pour chaque coupure !

En effet, le Consortium Sea-Me-We4 a programmé une série de travaux de maintenance pour remplacer plusieurs équipements, consistant en quatre répéteurs au minimum, qui doivent être remplacés entre Annaba et Marseille, nécessitant des coupures totales du câble sous-marin.

  • Le premier répéteur a été remplacé en Avril 2020, ce qui a causé la coupure totale du câble.
  • Une Deuxième coupure a été annoncé par le Consortium Sea-Me-We4 pour la date du 21 Juillet 2020, puis décalée au 25 Août 2020, avant d’être reportée une nouvelle fois pour le 15 Septembre 2020. A cette date, les algériens seront isolés et coupés du monde virtuel !
  • Une troisième coupure est annoncée pour le mois de Novembre / Décembre 2020.
  • Une quatrième pour le mois de Janvier / Février 2021.

Ce sont donc pas moins de trois nouvelles coupures sur le Sea-Me-We4 qui vont avoir lieu d’ici Janvier 2021 et qui dureront 5 à 7 jours en moyenne. Prenez votre mal en patience !

Si les 15 opérateurs du consortium ne sont pas inquiets, c’est tout simplement parce que chaque opérateur possède au moins 4 câbles sous-marin actifs dans leurs pays respectifs, contrairement à l’Algérie qui ne dépend principalement que du Sea-Me-We4…

Alors comment le Ministre avec le nouveau Président Directeur Général d’AT, Mr Hocine Halouane, vont gérer ces 4 nouvelles coupures ? Comment comptent-ils sécuriser le trafic Internet ?

La plupart des pays africains ainsi que les pays voisins comme le Maroc et la Tunisie sont reliés par au moins 4 câbles sous-marin d’envergure. L’Egypte 12 câbles, Djibouti 11 câbles, la Somalie 10 câbles, l’Afrique du Sud 14 câbles, le Sénégal 5 câbles, quand l’Algérie ne sollicite que 2 câbles actifs (Sea-Me-We4 et Medex) avec celui insignifiant par sa capacité le ALPAL.

Tous ces pays ont bien compris les enjeux et l’importance des câbles sous-marin qui constituent non seulement un levier du développement de l’économie numérique et qui génèrent d’énorme revenus en devis, mais aussi par rapport à la souveraineté national de ces pays.

Nous pensons que l’Algérie, qui fait face à une demande croissante de la bande passante, et dans l’attente de la 5G et du développement de l’offre de fibre optique pour les particuliers (FTTX), doit posséder au moins 5 câbles de nouvelles technologies pour répondre aux besoins croissants !

Rappelons que la consommation nationale en bande passante est passée de 1.3 Tbps en Janvier 2020 à 2 Tbps en Juillet 2020, soit une augmentation 60% en 6 mois, et le besoin ne cesse d’augmenter pour atteindre 3 Tbps d’ici fin d’année. Ce qui en soit est fabuleux !

Malheureusement Algérie Telecom ne pourra pas répondre à cette demande croissante, vu le manque de capacité en bande passante internationale et à l’absence de volonté des pouvoirs publics à combler les services haut débit attendus par les citoyens, qui permettront à tout un chacun d’accéder ‘’démocratiquement et en toute transparence’’ à toutes sortes de services numériques…

Les pseudos experts et ”autres cooptation de brosseurs, bluffeurs et conseillers autoproclamés” du secteurs préfèrent recourir à des discours creux, concurrencés par les mensonges éhontés des responsables du secteurs, tel l’ex PDG d’AT : Mr Benabdelouahad qui avait promis une augmentation du débit internet résidentiel de 20 Mo … Une aberration !

En effet, Algérie Telecom possède 3 Million d’abonnés ADSL, les offres marketing lancées récemment ne peuvent qu’être mensongères, car si chaque abonné bénéficie au minimum de 2 Mbps, les 3 Millions d’abonnés fixe ADSL vont consommer 6 Millions de Mbps, soit 6 Tbps.

Et cela sans compter les opérateurs mobiles qui possèdent aux moins 30 Millions d’abonnés 3G/4G, ce qui nécessiterait au final une bande passante nationale d’au moins 10Tbps pour gérer tous ce trafic… Aujourd’hui Algérie Telecom ne possède que de 2 Tbps en bande passante Internationale !

Comment dès lors croire aux affirmations des responsables de ce secteur stratégique, alors même que l’actuel Ministre des Postes et Télécom, Brahim Boumzar, a bloqué le projet du cache de Facebook, qui consistait à installer des serveurs en Algérie pour réduire l’utilisation de la bande passante internationale, et permettrait de réduire la bande passante de 50% assurant dans le même temps un débit respectable pour les abonnés ?

Pour revenir au Sea-Me-We4, notez chers lecteurs que ce câble était initialement programmé pour une fin de vie en 2025, mais avec les problèmes répétitifs rencontrés, le consortium Sea-Me-We4 va certainement mettre ce câble obsolète Hors Service en 2022 / 2023… L’Algérie se retrouvera avec un seul câble sous-marin sous-dimensionné…

Comment engager le développement des TIC et la numérisation avec un seul câble sous-marin et sans une bande passante internationale suffisante ?

Sans le recours en extrême urgence au déploiement de nouveaux câble sous-marins, l’Algérie va encore être condamnée à rester à la traine et continuer à louer des capacités à prix fort chez nos voisins déjà bien équipés en câbles sous-marin…

« La cartographie des câbles sous-marins est le reflet des logiques économiques et politiques des pays de la planère, laissant entrevoir à quel point le contrôle des flux d’informations est devenu hautement stratégique dans les guerres d’influence » Nous affirmera une source du secteur des télécom. On veut bien le croire !

Les responsables du secteur et ceux qui les ont nommés au plus haut sommet de l’Etat sont les coupables de cette gabegie et cette malheureuse régression, qui a amené l’Algérie à rater une participation dans plusieurs câbles sous-marin importants et stratégiques, comme :

  • Le Sea-Me-We5 : qui fournit à titre d’exemple une valeur de 1 500 Gbps d’Internet au Bangladesh depuis 2017,
  • L’Africa1 : un système de câble sous-marin transcontinental principalement axé sur l’Afrique de l’Est, solidement ancré en Europe et en Asie, reliant Karachi (Pakistan) à Marseille (France) avec une branche vers l’Afrique de l’Est,
  • Le câble 2Africa, projet sous-marin reliant 23 pays d’Afrique, du Moyen-Orient et d’Europe qui devrait être mis en service en 2023/2024, pour fournir une capacité nominale allant jusqu’à 180 Tbit/s sur les éléments clés du système.

Mais au lieu de tout ça, sur 217 Pays, l’Algérie, grâce à la politique menée par ses incompétences, se classe à la 182e des pays ayant une vitesse internet la moins rapide au monde !

Mr le Président de la République, pour ne pas rater le virage technologique de l’Algérie, il faut certes impérativement mettre de l’ordre dans le secteur, mais vite ordonner au Ministre des TICs, et les équipes d’Algérie Telecom de chercher en extrême urgence une connexion aux nouveaux câbles sous-marins, car compter sur le Sea-Me-We4, en voie de disparition, est criminel !

Il y va du salut de notre Pays…

Amir Youness

youness.amir@protonmail.com

TV Maghreb tvmaghreb.com

TV Maghreb - L'actualité en mouvement.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.