Comment Ali Haddad, du fond de sa cellule, a ridiculisé les Responsables algériens.

Alors qu’il est à la prison d’El Harrach après sa condamnation à 18 ans de prison, assortie d’une amende de 08 millions de DA pour plusieurs inculpations dont octroi d’indus avantages, corruption, violation de la réglementation des marchés publics, trafic d’influence et abus de fonction, Ali Haddad, l’ancien patron des patrons d’entreprises et proche de Said Bouteflika, a réussi, sous le nez et la barbe de la justice algérienne, la prouesse de se payer les services d’un cabinet de lobbying américain proche de Trump, pour un montant de 10 millions de dollars !

Le contrat, signé pour une année à partir du 26 Juillet 2020 par le cabinet Sonoran Policy Group et Sabrina Ben, résidente dans le VIIIe arrondissement de Paris et représentant Ali Haddad, porte sur la fourniture de services de conseil d’affaires et conseils personnels à Ali Haddad, ainsi que des services supplémentaires sur une base convenue.

Selon les conditions de ce contrat, Ali Haddad s’est engagé à rembourser, en plus de la somme fixe de dix millions de dollars, l’ensemble des frais raisonnables et habituels et les frais de déplacement engagés par dans le cadre de l’exécution du contrat, mais il n’aurait aucun contrôle sur les actions et la durée des services entrepris par l’ensemble des intervenants du cabinet de lobbying…

Suite à la diffusion de cette information d’abord dans la presse internationale, suivie des médias nationaux, le parquet général de la Cour d’Alger a annoncé lundi 03 Aout 2020, l’ouverture d’une enquête préliminaire qui viserait probablement à tenter de faire face à l’humiliation internationale infligée à l’Algérie et au Président Abdelmadjid Tebboune, lui qui avait fait de la récupération des sommes détournées par l’ancienne Issaba son cheval de bataille…

« Le recouvrement des fonds pillés est un devoir et un engagement que j’ai pris devant le peuple algérien», avait déclaré le président Tebboune affirmant que la procédure sera lancée «une fois toutes les données disponibles» !

Depuis, la Justice algérienne a certes décidé la saisie de tous les bien d’Ali Haddad en Algérie et à l’étranger, mais c’est peu dire que plus personne ne prend au sérieux le Ministère de Souveraineté algérien, même parmi ceux qu’elle condamne…

Robert Stryk – Fondateur de Sonoran Policy Group

Sonoran Policy Group, propriété de l’ancien assistant républicain Robert Stryk, est l’une des entreprises les mieux payées par des personnalité et gouvernements étrangers controversés, tels la République démocratique du Congo, le Venezuela, ou Le marchand d’armes serbe Slobodan TesicIsabel dos Santos, et la fille de l’ancien président angolais accusé d’avoir détourné des millions de dollars d’une compagnie pétrolière d’État qu’elle dirigeait. Notons également le lobbying actif de l’Arabie saoudite qui lui a versé plus de 5 Millions de Dollars en 2017, moins d’une année avant l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi, assassiné au consulat d’Arabie Saoudite à Istanbul en Octobre 2018…

Parmi les autres alliés notables de Trump qui ont travaillé pour Sonoran Policy Group depuis le début de 2017, on peut citer le directeur national de la campagne Trump, un chef d’état-major de l’État de la campagne Trump, ainsi que le Lieutenant- Général Michael Flynn, l’ancien adjoint de l’ancien conseiller à la sécurité nationale et ancien directeur adjoint du renseignement national réputé proche du… Président turc Recep Tayyip Erdoğan.

La traçabilité et l’origine des fonds ayant servi au financement de ce contrat, payé contractuellement par virement bancaire, devrait poser un immense problème pour les autorités américaines.

En effet, il est notoire que Ali Haddad est le gestionnaire unique de la société espagnole AGINYO INVERSIONES ET GESTIONES INMOBILIARIAS SL, et propriétaire depuis 2011 de l’hôtel Palace de Barcelone, l’ex-Ritz, qu’il avait acheté en 2011 pour la coquette somme de 68 millions d’euros.

Ali Haddad ne s’est jamais expliqué sur les fonds qui lui ont servi à financer ces acquisitions.

Officiellement, la réglementation algérienne concernant le contrôle des changes et le contrôle des flux financiers de et vers l’étranger est tellement stricte qu’elle rend presque impossible les financements de ces acquisitions à l’étranger à partir de l’Algérie.

Seul le règlement n° 14-04 du 29 septembre 2014 fixant les conditions de transfert de capitaux à l’étranger, au titre de l’investissement à l’étranger par les opérateurs économiques de droit algérien, ouvre une petite brèche pour permettre à un investisseur algérien de transférer des capitaux pour investir à l’étranger.

Ceci dit, ce règlement est encadré par des conditions draconiennes puisque le transfert des devises doit être uniquement “complémentaire” aux activités menées en Algérie et “doit être en rapport” avec l’activité de l’opérateur concerné sur le territoire national. De plus, il “doit avoir pour objectif de consolider et de développer cette activité” et “ne doit pas porter sur des opérations de placements ou sur des biens immobiliers autres que ceux correspondant aux besoins d’exploitation des entités créées à l’étranger ou faisant partie intégrante de leur activité”.

Alors comment 10 Millions de dollars ont pu être aussi facilement mobilisés à l’étranger par le ”très” résident algérien Ali Haddad, puis transférés à une entreprise américaine par l’entremise d’un conseiller basé à Paris en France, sans que personne, ni aux Etats Unis, ni en France, ni Algérie, n’ait pris les mesures adéquates et légales qui s’imposent pour geler l’argent de cette transaction financière, dont l’origine est manifestement liée aux colossaux détournements opérés par la Issaba au détriment du Trésor algérien et de tout le Peuple d’Algérie ?

« Ali Haddad fait coup double dans cette opération de lobbying. D’un côté il tente son va-tout pour se tirer des griffes de la Justice algérienne en recourant aux américains, et de l’autre il ridiculise la Présidence de la République et le Ministère de la Justice d’Algérie. Par son action, il voulait les mettre face à leur incompétence à récupérer les gigantesques fonds détournés et révéler à l’opinion publique la médiocrité de ceux qui dirigent le Pays ! » Nous affirmera un ancien cadre de l’ETRHB.

Pauvre Algérie…

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