La Prise En Charge Des Algériens Bloqués En Turquie Vire Au Fiasco !

L’espace aérien algérien et les frontières terrestres et maritimes ont été fermés depuis le 17 mars 2020, bloquant ainsi des milliers de ressortissants algériens qui se trouvaient en déplacement avant cette date de rentrer dans leur pays.

Après la première opération de rapatriement de 13 000 ressortissants algériens initiée par les autorités algériennes via des vols spéciaux à la fin du mois de Mai 2020, une seconde grande opération de rapatriement vient d’être initiée le 20 juillet et qui va s’étaler jusqu’au 26 juillet.

Toute la flotte aérienne et maritime a été mobilisée ainsi que les établissements hôteliers devant servir dans ce cadre pour la période de quatorzaine sanitaire préventive applicable aux personnes rapatriées, familles bloquées ainsi que les personnes ayant effectué les déplacements pour des soins et les étudiants à l’étranger, comme l’a indiqué un communiqué officiel du Premier ministre algérien, Abdelaziz Djerad le 16 Juillet 2020.

En France ce sont plus de 5 000 ressortissants qui vont retourner en Algérie au pays en respectant, à l’instar de tous les autres concitoyens rapatriés une mesure de quatorzaine prophylactique programmée dans des hôtels réquisitionnés à travers tout le territoire national.

Notons que cette prise en charge des citoyens algériens par les autorités va coûter près de trois milliards de dinars soit plus de 20 Millions d’euros.

Par contre, les ressortissants algériens bloqués en Turquie, qui seraient un millier selon plusieurs sources, n’ont à l’heure actuelle pas été encore intégrés au récent programme officiel de rapatriement diffusé depuis quelques jours.

Même si des avions d’Air Algérie avaient pu rapatrier plus de 700 ressortissants au mois de juin 2020, des centaines de citoyens algériens en colère, bloqués pour certains depuis plus de 4 mois, se sont regroupés le 18 Juillet 2020 autour de la représentation diplomatique à Istanbul pour exiger d’être inscrits sur les listes de personnes à rapatrier.

Pourtant un communiqué officiel, l’Ambassade à Ankara invitait les algériens bloqués en Turquie et non-inscrits avant le 23 avril dernier de s’inscrire sur la plate-forme digitalisée : cezayirbe@algerianembassy.com.tr. Le but étant de de pouvoir dresser une liste supplémentaire de citoyens à rapatrier et de les programmer pour les prochains vols.

Cette inscription était tributaire à la soumission d’une copie du passeport et une fois l’inscription confirmée, les concernés seraient informés par les services consulaires ou diplomatiques à travers une notification via SMS ou courrier électronique.

Très vite débordé par la foule déplorant le retard des autorités algériennes quant à la prise en charge de leurs doléances, le personnel diplomatique du Consulat Général a dû précipitamment refermer les portes de l’édifice consulaire, ou des échauffourées ont alors éclaté, suivis d’actes de violences.

Interrogé, le Ministère algérien des Affaires étrangères avait expliqué que des problèmes retardaient le rapatriement des algériens de Turquie et concernait «la confirmation de l’identification d’un grand nombre d’entre eux » et qu’«un nombre grandissant chaque jour» d’Algériens en Turquie désirent rentrer au pays, ce qui «ne manque pas de susciter des interrogations, d’autant plus que la plupart d’entre eux ne présentent ni document de voyage ni passeport».

Cette situation chaos dans les rues d’Istanbul a nécessité l’intervention des troupes de la police truque aux abords du consulat général pour remettre de l’ordre.

Ce n’est pas la première fois que les autorités algériennes sont pointées du doigt par le gouvernement turc concernant la gestion de leurs ressortissants sur leur sol.

Les autorités turques avaient informé l’ambassade d’Algérie à Ankara que les Algériens bloqués, dans le pays en raison de la pandémie de Covid-19, disposeraient d’un délai limité pour quitter le territoire à compter du premier vol, indiquait un communiqué de l’ambassade d’Algérie à Ankara publié le 17 juin sur sa page Facebook.

«Les autorités turques ont officiellement informé que le citoyens algériens qui se trouvent actuellement en Turquie et dont le visa ou la déclaration de résidence a expiré […] sont sommés de quitter le pays dans un délai d’un mois à compter du premier jour de la reprise des vols»

Par ailleurs, quelques dizaines de nos ressortissants, composés de touristes, d’étudiants et de professionnels, avaient été, dans un premier temps, pris en charge par les représentants diplomatiques de l’Algérie qui les avaient placés dans plus d’une quinzaine d’hôtels d’Istanbul pendant plusieurs jours, pour un montant total de 455 000 dollars.

Seulement devant le montant d’impayés, l’ambassade d’Algérie en Turquie a été mise en demeure par voie d’huissier par plusieurs hôteliers d’Istanbul réclamant le règlement total des factures dues dans le cadre de l’hébergement des ressortissants algériens bloqués dans le pays suite à la fermeture des frontières, avait rapporté le journal turc Hurriyet Daily News le 24 juin 2020.

Une gestion on ne peut plus catastrophique et qui donne une bien piètre image de l’Algérie !

Amir Youness

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