L’Incroyable Décision Qui a Fait Perdre 600.000 Dollars à Air Algérie !

Le PDG d’Air Algérie a pris une décision bien étrange au regard des enjeux économiques et de la situation que traverse la compagnie aérienne nationale. En effet, il y a quelques jours, une excellente opportunité s’est présentée à la compagnie aérienne algérienne pour renflouer ses caisses.

Une entreprise Indienne s’était intéressée à un contrat de transport pour transporter des marchandises jusqu’à New-Delhi dans les avions cargos, seuls autorisés à voler.

Comme nous l’avions évoqué dans un article précédent, la propagation mondiale de l’épidémie du coronavirus a pris de court presque toutes les nations du Monde. Elles ont dès lors été contraintes de décider d’un strict confinement de leurs populations, fermant leurs frontières à tous les déplacements, ce qui aura eu pour conséquence de clouer au sol la quasi-totalité de leurs avions.

Par ailleurs, si les gouvernements de tous ces pays se sont précipités à la recherche de fournisseurs de produits et équipements médicaux, tous ont dû faire face pour l’acheminement des marchandises commandées, à une offre de transport aérien bien rare car très sollicitée !

C’est dans ce contexte de transport aérien exacerbé que la société indienne avait sollicité Air Algérie pour une contrat de transport dépassant les 600.000 Dollars pour une liaison Nouakchott – Dakar – New Delhi.

Bakhouche Alleche, le PDG d’Air Algérie a présidé une commission afin de statuer sur cette offre alléchante, mais à la grande surprise du personnel présent, le premier responsable de l’entité publique a décliné la demande de l’opérateur économique de ce pays d’Asie du Sud, connu pour sa forte croissance économique, et que nombre d’observateurs considère comme un nouveau pays industrialisé.

Alleche aurait, selon nos informations, invoqué l’impossibilité de prise en charge de la demande de transport indienne car, selon lui, l’opération aurait engendré un dépassement de l’amplitude horaire !

Pour info, on appelle amplitude de vol le temps décompté depuis le moment où l’aéronef commence à se déplacer en vue de gagner l’aire de décollage pour effectuer la première étape jusqu’au moment où il s’immobilise à la fin de la dernière étape précédant l’octroi d’un temps d’arrêt conforme aux dispositions du code de l’aviation civile.

Selon l’Article 3 correspondant au décret exécutif du 02 Mars 2002, relatif à la durée de travail au titre du régime spécifique des relations de travail du personnel navigant professionnel de l’aviation civile, la durée d’une période de vol ne peut excéder 10 heures dans une amplitude de 14 heures.

Par ailleurs, l’article 4 du même décret dispose que par période de 24 heures consécutives, les limitations du temps de vol pour les pilotes et mécaniciens navigants pour les vols non réguliers sont 9 heures lorsque l’équipage de conduite comprend un seul pilote, sous réserve que la période de service de vol ne dépasse pas 11 heures. Et 11 heures lorsque l’équipage de conduite comprend deux pilotes, sous réserve que la période de service de vol ne dépasse pas 12 heures.

Or selon nos informations, plusieurs compagnies aériennes mondiales assurent déjà la liaison avec des escales entre Dakar au Sénégal et la ville de New Delhi en Inde. Pour cela ces compagnies organisent par exemple un temps de repos à leur personnel par étapes de vols, en procédant le plus souvent par rotation d’équipes restées au sol en ces escales. Ainsi, elles peuvent aisément assurer la durée séparant Dakar de New Delhi qui avoisine les 19 à 20 Heures de vols.

Notons d’autre part que le Ministre chargé de l’aviation civile peut déroger à ces limitations, dans le cas où il est nécessaire d’assurer une évacuation sanitaire par exemple. Un recours qui aurait pu être entrepris par Bakhouche Alleche dans le contexte actuel.

Sauf que cela a du manifestement échapper au PDG d’Air Algérie qui n’aurait pas pris cette peine, ayant décidé de refuser cette opération sur la base d’une évaluation que l’on pourrait qualifier de légère rendant sa décision bien discutable, et ce malgré la présence du Directeur des Opérations aériennes, lui-même pilote Commandant de Bord, à la commission qui avait étudié la demande de transport Cargo !

Au-delà du manque à gagner, conséquemment à la déclinaison de l’opportunité commerciale, qui s’ajoute à la perte financière induite par l’immobilisation de sa flotte, Air Algérie a perdu une occasion de se placer comme partenaire aérien potentiel auprès d’une grande Nation, avec ses plus de 1,3 Milliards d’habitants et une économie tout aussi vigoureuse que dynamique avec ses près de 3000 Milliards de dollars de PIB… Dommage !

Alors qu’il est censé redresser les comptes de l’entreprise publique déficitaire dont il a la charge, le premier responsable de la compagnie aérienne battant pavillon national, agit à contresens des intérêts d’Air Algérie et donc du Pays, privilégiant la facilité et la superficialité dans la gestion.

A quand le changement chez Air Algérie ?

Fabienne Outar

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