Corruption – La Justice Italienne Va de Nouveau Juger Les Amis de Chakib Khelil Dans L’affaire Sonatrach et Saipem !

Les procureurs italiens du tribunal de Milan ont, le 19 Juin 2020, fait appel de l’acquittement de la compagnie pétrolière Saipem décidé en janvier dernier par la justice italienne dans une affaire de corruption révélée en 2010, la liant à la société publique algérienne d’hydrocarbures Sonatrach.

En effet, à la mi-janvier de l’année 2020, une cour d’appel italienne avait acquitté Saipem pour de présumés versements de commissions s’élevant à 197,9 millions d’euros (222 millions de dollars) à des intermédiaires pour obtenir des contrats d’une valeur de 8 milliards d’euros avec la Sonatrach.

La cour d’appel avait également blanchi les intermédiaires algériens, à savoir Farid Bedjaoui en fuite à l’étranger, et ses comparses Omar Harbour ainsi que Samy Ouraïed, après avoir été condamnés en première instance à cinq ans et cinq mois de prison pour Farid Bedjaoui et quatre ans et un mois pour Samy Ouraïed et Omar Harbour.

L’enquête de la justice italienne avait par ailleurs révélé le versement de la somme de 41 millions d’euros pour le rachat de la société canadienne First Calgary Petroleums, exploitant le champ gazier à Menzel en Algérie, par le groupe énergétique italien ENI, après l’autorisation de l’ancien ministre de l’Energie, Chakib Khelil.

Chakib Khelil – Ex Ministre de l’Energie

Si l’ex-Ministre de l’Energie Chakib Khelil n’a pas été inculpé dans le dossier par la Cour de Milan, la justice algérienne le soupçonnait pourtant d’avoir une étroite responsabilité dans de vastes affaires de corruption, en tant que premier responsable du secteur de l’Energie.

En 2013, un mandat d’arrêt international avait même été lancé contre ce proche du Président déchu Abdelaziz Bouteflika, par l’actuel Ministre de la Justice Belgacem Zeghmati, dans le cadre d’une enquête des services de renseignements sur des versements de commissions impliquant Saipem et ENI. En vain…

Avec la chute du régime de Bouteflika, la Cour suprême a convoqué à nouveau Chakib Khalil pour l’auditionner dans le cadre du réexamen annoncé de l’affaire Sonatrach I et II. L’ex puissant Ministre de l’Energie, réfugié aux Etats-Unis n’a toujours pas répondu à la convocation, ce qui lui a valu un nouveau mandat d’arrêt international.

En Octobre 2019, la justice américaine s’était penchée sur le cas ENI-Saipem en Algérie indépendamment des affaires judiciaires italiennes.

Le chef par intérim de l’unité du Département de Justice américain, qui s’appuie sur une loi fédérale américaine de lutte contre la corruption d’agents publics à l’étranger, a laissé insinuer que le Gouvernement américain pourrait ouvrir une enquête selon les circonstances de l’évolution de l’affaire par les autorités italiennes…

L’appel des procureurs italiens du 19 Juin 2020 impliquera-t-il la comparution de Khelil au même titre que ses proches devant la justice italienne pour blanchiment d’argent ?

Cela ne serait que justice quand on sait que le Président Directeur Général du géant pétrolier italien ENI, Claudio Descalzi, avait révélé dans le cadre du procès Milanais de Saipem (Sonatrach II), que Farid Bedjaoui, surnommé monsieur 3% en référence aux commissions perçues sur les transactions douteuses, notamment dans le cadre de l’affaire Saipem, faisait office d’informateur et de représentant de l’ex-ministre de l’Energie, Chakib Khelil.

Né en 1969 à Alger, Farid Bedjaoui qui vivait à Dubai, est le neveu de l’ancien Ministre algérien de la Justice et des Affaires étrangères Mohamed Bedjaoui. Il est à la tête de nombreuses entreprises Off-Shore et autres société écran telles Pearl Partners Ltd, Adobe Finance, Farnworth Consultants, Sorung Associates…) qui lui ont permis de diluer l’argent de ses affaires et de se constituer un incroyable patrimoine immobilier en France, au Canada, à Dubai, aux Etats-Unis…

                                         

Notons que le Franco-Algéro-Canadien Farid Bedjaoui, qui a acquis la nationalité libanaise en 2018 suite à son mariage avec Rania Fakhri Dalloul, est également poursuivi par le parquet d’Alger pour corruption, ce qui avait valu le lancement d’un mandat d’arrêt à son encontre en août 2013  et une notice rouge d’Interpol en 2014.

Verra-t-on enfin dans l’affaire des mirobolants pots de vin de Sonatrach une condamnation définitive de tous les accusés ? Pour notre part nous répondrons seulement que Justice soit rendue et l’argent restitué aux algériens !

Bachir Outaghani

TV Maghreb tvmaghreb.com

TV Maghreb - L'actualité en mouvement.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.