Le Général, Le Premier Ministre et Le PDG à l’Assaut de Sonatrach !

Dans le cadre du programme de l’Etat visant à développer la production nationale de carburants et de lubrifiants afin de répondre à la demande nationale sur les moyens et long terme, un appel d’offres lancé par Sonatrach en 2017, avait abouti le 8 janvier 2020 à la signature d’un contrat avec un groupement composé de l’espagnol Técnicas Reunidas et du sud-coréen Samsung Engineering ayant pour objet la réalisation d’une raffinerie de pétrole brut au niveau de Haoud el-Hamra à Hassi Messaoud.

Ce projet, d’un montant d’investissement de 3,7 Mds USD et d’une capacité annuelle de 5 millions de tonnes, sera exécuté en : Engineering, Procurement and Construction (EPC), qui signifie en réalité un contrat clé en main complet, et doit en principe être finalisé dans un délai de 52 mois, soit en 2024.

Quand Tebboune avait décidé de remplacer le P-DG de Sonatrach d’alors, qui était Kamel Eddine Chikhi, c’est parce qu’il avait eu vent des magouilles entourant ce projet qui se tramaient au niveau de la société publique d’hydrocarbures et même au-delà…

Rappelons que Rachid Hachichi avait été auparavant relevé de ses fonctions de PDG de la Sonatrach, pour être remplacé par Chikhi, à cause de ce même projet de raffinerie Técnicas Reunidas-Samsung qu’il avait tardé à signer.

Hachichi voulait étudier et maîtriser l’ensemble des aspects de ce contrat complexe où intervenaient plusieurs parties mais également des personnes étrangères au secteur des hydrocarbures ou alors traînant une sulfureuse réputation à l’instar de la fameuse société Petrofac. Ce retard de signature avait irrité le clan derrière la manœuvre…

La Présidence algérienne avait préalablement été alertée par les services de renseignements, l’avisant que Chikhi n’aurait en fait été désigné en qualité de premier responsable de Sonatrach que dans le but de vite parapher le projet de la raffinerie de Haoud El Hamra, et ainsi sauvegarder les intérêts commerciaux de puissants oligarques et autres chef militaires de l’époque… Parmi eux, Nassim Ould Kaddour, le fils de l’ancien PDG de la Sonatrach Abdelmoumène Ould Kaddour natif de Tlemcen, ville de l’ouest d’où est issu la majorité de l’ancienne équipe dirigeante…

C’est grâce aux contacts gardés par le papa que le Fils Ould Kaddour a pu aider la société espagnole de Técnicas Reunidas afin d’emporter le projet de 3,7 Milliards de Dollars…

Rappelons que Técnicas Reunidas sera responsable de 55% du Méga-contrat, qui comprend les travaux environnementaux et les infrastructures auxiliaires !

C’est dans ce contexte aussi choquant qu’ahurissant que le Président algérien décide de prendre les choses en main et remettre de l’ordre dans la maison Sonatrach.

Ayant acté le départ de Chikhi, Tebboune s’était alors tout naturellement tourné vers son équipe et son chef de gouvernement Abdelaziz Djerrad pour demander qu’on lui présente une liste de personnes susceptibles de remplacer Kamel Eddine Chikhi.

Saisissant l’opportunité de s’accaparer du centre économique le plus névralgique et la manne de toutes les entrées en devises du Pays, le clan politico-militaire du moment lui a alors prestement présenté un homme faible, mais acquis à leur cause : Toufik Hakkar !

Contrairement à ce que beaucoup croient, Hakkar qui est l’homme de l’ex Ministre de l’Energie, le natbéen Youcef Yousfi aujourd’hui incarcéré, n’a pas fait la loi sur les Hydrocarbures, il n’en a pas les compétences puisqu’il est économiste et pas juriste. Le mérite en revient plutôt à Hachichi et au bureau de consulting international Boston Consulting Group (BCG).

Rachid Hachichi avait laissé Hakkar en parler sur les médias, ce qui a pu faire croire à l’opinion publique que ce serait ce dernier qui en était l’artisan…

« Hakkar n’est pas un homme de poigne, il ne peut s’affirmer que s’il est parrainé par des gens puissants. » nous affirme une source très proche du dossier. La preuve.

Il y a quelques jours, une vive altercation a eu lieu entre Hakkar et le Ministre de l’Energie Mohamed Arkab par rapport à la vague de changements opérés au sein de la Sonatrach. Arkab a demandé en tant que Responsable de Tutelle d’être préalablement informé de tous les changements opérés. Sauf que Hakkar n’a pas du tout accepté de suivre la réglementation et l’obligation d’informer son responsable hiérarchique arguant : « J’ai des instructions d’en haut ! ».

Sûr de ses protecteurs et persuadé d’être intouchable, Hakkar continue de défier le Ministre de l’Energie, déclarant même en réunion « Je serai comme Ahmed Ghozali » … [L’ex Ministre de l’Energie et PDG de Sonatrach qui a fini Chef de Gouvernement algérien] … « Je suis là pour 10, 15 Ans ! »

Selon nos informations, ce serait le Général Amar Amrani, Commandant des Forces de Défense Aérienne du Territoire (DAT), originaire de Khenchela, qui aurait organisé la rencontre des deux autres natifs de Khenchela que sont : le Premier Ministre Abdelaziz Djerrad et le PDG de Sonatrach Toufik Hakkar…

Et c’est ainsi qu’il a été décidé, sur la seule base du régionalisme et non de la compétence, de coopter Toufik Hakkar à la tête de la plus grande entreprise d’Afrique ! Ainsi va l’Algérie…

Le Militaire se serait chargé alors de demander à l’ex-patron de la DGSI Wassini Bouazza, aujourd’hui incarcéré à la prison militaire de Blida, de rendre un rapport favorable conséquemment à l’enquête d’habilitation concernant Hakkar, et ce afin d’aider à rapidement valider sa nomination à la tête de la Sonatrach par la Présidence. Tous les moyens sont bons à ce niveau ! Même la trahison semble-t-il…

Comme attendu, Abdelmadjid Tebboune a suivi les éléments présentés par son Premier Ministre et avalisés par ses services de sécurité, négligeant au passage les efforts des forces occultes toujours à la manœuvre quand il s’agit de la Sonatrach et du partage de la rente… Et c’est là une erreur indéniable, car Tebboune, qui a subi leur brutalité, ne peut véritablement ignorer ce dont sont capables les prédateurs de la République ! Dommage…

Voilà très chers compatriotes comment un énième clan mafieux se réinstalle sur les ruines même de l’ancien système en plaçant ses hommes, verrouillant le pays et anéantissant tout espoir de changement réel… Et cela concerne malheureusement tous les niveaux de la République dans l’impunité la plus totale. Clientélisme, Régionalisme et médiocrité. Les maîtres mots de la Issaba… Des exemples ?

Le Président peut-il réellement ignorer que le sénateur El Hachemi Djiar, natif de Batna, avait fréquenté au même titre qu’Abdelaziz Djerrad les arcanes du Palais d’El Mouradia, et que cette proximité, aussi bien régionale que corporatiste, avait permis à Djiar, qui voulait envoyer son fils dans une filiale de la Sonatrach à l’étranger, d’exiger de Hakkar avec l’appui du Premier Ministre Djerrad de faire recruter son fils au niveau de la Direction Générale Corporate Affairs de la Sonatrach… ?

Pourquoi le fils de Djiar et pas un autre Monsieur le Président ?

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