L’Algérie déjoue une attaque hostile contre ses sites pétroliers.

Au début du mois de Juillet 2019, la compagnie grecque Energean Oil & Gas Plc, essentiellement active dans la zone méditerranéenne, avait annoncé le rachat des actifs d’explorations et de production dans le secteur pétrolier et gazier d’Edison E&P appartenant au groupe Edison, filiale italienne du français Electricité de France SA (EDF). Cet achat allait permettre à la société grecque d’étendre son portefeuille d’activité dans plusieurs pays dont l’Algérie. Et cela pose problème.

En effet, inscrite à la bourse Tel Aviv en Février 2019 et de Londres depuis peu, Energean Oil & Gas Plc, dont une partie des actionnaires et certains fonds d’investissement détenant ses actions sont israéliens, a déboursé pas moins de 750 millions de dollars pour les actifs d’Edison en Égypte, en Italie, en Algérie, en mer du Nord et en Croatie, auxquels va s’ajouter un surplus de 100 millions de dollars pour une unité de gaz offshore au large de l’Italie, mais également des redevances liées à d’autres projets potentiels en Egypte, portant ainsi la valeur totale de la transaction à un Milliard de dollars.

Même si Sonatrach et Edison sont partenaires dans le secteur du gaz, convenant en novembre 2019 de renouveler leur contrat de fourniture de gaz pour huit ans jusqu’en 2027, l’Algérie n’avait pas donné son approbation pour la reprise des sites pétroliers algériens par Energean.

Pour rappel une décision similaire avait été prise par Alger en Février 2020 concernant les actifs d’Anadarko Petroleum qui devaient être revendus par le nouveau propriétaire Occidental Petroleum au français Total.

Aujourd’hui, autorités algériennes ont chargé le groupe public d’hydrocarbures Sonatrach de discuter avec l’Italien Edison E&P, de l’état des actifs gaziers situés en Algérie situés dans le bassin de Reggane, à la suite du forage KLS-1 (Kahlouche Sud-1), situé dans le périmètre Reggane Nord (blocs 351c, 352c).

Edison avait d’ailleurs déclaré dans un communiqué daté du 23 Décembre 2019, avoir reçu une lettre des autorités algériennes, qui l’invitait à discuter avec Sonatrach de la transaction de vente impliquant entre autres la participation d’Edison de 11% dans le projet gazier Reggane Nord, dont la production avait commencé en décembre 2017.

Anticipant le risque de voir l’Algérie faire jouer son droit de préemption, Energean et Edison avaient prévus des modifications de l’accord de prise de contrôle et ont préalablement convenus d’un règlement approprié sur la contrepartie totale de la transaction.

Edison avait alors initié une opération de transfert intragroupe afin d’exclure les actifs algériens du périmètre de cession et de réévaluer leur vente plus tard.

Le 02 Avril 2020, Energean et Edison ont conclu un amendement formel dans lequel les actifs algériens seront exclus du champ de l’acquisition, impliquant un ajustement à la contrepartie totale de l’acquisition d’environ 150 millions de dollars !

C’est le prix que déboursera très probablement l’Algérie pour stopper les manœuvres d’EDF dirigée par Jean Bernard Lévy et détenue par l’Etat français à plus de 80%, tout en excluant grecs et israéliens de ses sites énergétiques et stratégiques pour le pays.

Mais pourquoi Alger n’a pas usé de son droit de préemption en 2012 (en même temps que l’affaire Djezzy), lorsqu’Edison est passée sous giron français, suite à l’OPA lancée par EDF qui s’est conclue par la détention de plus de 98% des actions ordinaires d’Edison ? Mystère !

 

Fabienne Outar

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