Des médecins résidents gravement réprimés à Alger

Les images sont choquants et bouleversantes. Les médecins résidents, la crème de l’élite en Algérie, ont été sauvagement tabassés et gravement réprimés aux portes du CHU de Mustapha Bacha à Alger.

Les services de sécurité se sont acharnés sur des médecins désarmés et dont le seul tort est de vouloir organiser un rassemblement pacifique pour dénoncer leur situation précaire et réclamer leurs droits sociaux.

Les policiers ont été instruits, par ailleurs, d’empêcher les patients  d’entrer ou sortir par le portail principal. Les concitoyens ont été contraints d’emprunter la portail secondaire pour entrer ou quitter l’hôpital. Tout un dispositif sécuritaire impressionnant a été déployé pour empêcher à peine 200 médecins résidents de sortir dans la rue pour crier leur ras-le-bol.

Et pourtant, ces jeunes médecins encore en formation exigent uniquement les moyens nécessaires pour soigner les patients notamment dans les régions les plus isolées des Hauts-Plateaux ou du sud. Ils réclament des logements lorsqu’ils sont affectés à l’intérieur du pays. Le Collectif autonome des médecins résidents algériens (Camra) se bat également pour la révision des modalités du Service Civil qui concerne uniquement cette catégorie des diplômés algériens.

Pour répondre à ces revendications formulées de manière très pacifique, nos autorités sortent la matraque et le bâton. Faudrait-il, dés lors, s’étonner de voir des milliers de nos médecins fuir le pays vers l’étranger ? Le Conseil de l’Ordre des médecins a donné récemment l’alerte en révélant que 6 000 médecins algériens ont quitté le pays ces dernières années. Ce n’est pas avec cette répression féroce que les autorités algériennes réussiront à convaincre ceux qui sont encore là de rester travailler dans le pays.

De nombreux algériens ont exprimé leur indignation sur les réseaux sociaux. Ils se disent  profondément choqués par “les actes ignobles” de répression de la marche pacifique organisée par le Collectif autonome des médecins résidents algériens (Camra) devant les portes de l’hôpital Mustapha Bacha à Alger.

“Médecins protestataires tabassés et en sang dans l’enceinte même de l’hôpital Mustapha. On aura tout vu !”, s’exclame ainsi Abdesselam Ali-Rachedi, ancien député de l’opposition (FFS) entre 1997- 2002. “L’Algérie qui a poussé 10 000 médecins à quitter le pays tabassent ceux qui restent”, dénonce encore Amira Bouraoui, l’une des figures de proue du mouvement Barakat qui s’était opposé au 4e mandat d’Abdelaziz Bouteflika.  “Vous avez des médecins sous le drapeaux ! Envoyez les lutter contre les déserts médicaux que vous avez créé, au lieu de construire des universités de médecine au Sud et des CHU, vous avez préféré bâtir une mosquée et importer du fromage et du chocolat. Assumez vos erreurs !”, a-t-elle publié sur sa Page Facebook.

Fodil Boumala, l’ancien célèbre journaliste de l’ENTV durant les années 90 et l’un des intellectuels algériens les plus engagés, a dénoncé lui-aussi ces violences policières. “La grève est légitime et les revendications de ces médecins sont légitimes. Notre régime est contre l’intelligence et la science”, a-t-il déploré sur sa page Facebook.  “Casquette bleue et matraque contre blouse blanche et stéthoscope”, ironise un autre internaute. “C’est honteux !”, s’écrient d’autres Facebookers algériens.

L’indignation fut donc générale et de nombreuses voix se sont élevées pour appeler les autorités à cesser immédiatement cette répression écœurante. Ces appels vont-ils trouver une oreille attentive ?

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