Alger-Riyadh, l’impérative accalmie

Une simple banderole a semé le trouble dans les relations algéro-saoudiennes. Les supporters de Ain M’lila (Oum El Bouaghi) ont failli provoquer une crise diplomatique entre les deux pays à cause de leur banderole jugée par les autorités saoudiennes comme attentatoire à la dignité de leur souverain. 

Après plusieurs jours de polémique et de vives contestations en Arabie Saoudite, les autorités algériennes ont été contraintes de sortir de leur silence pour présenter indirectement leurs excuses à l’Arabie Saoudite.

Le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Tayeb Louh a annoncé, mardi à Alger, qu’une enquête a été ouverte sur l’incident  de cette banderole. Selon les résultats préliminaires de cette enquête, il s’agit “d’un acte individuel et isolé”.

Tayeb Louh a rappelé que l’Algérie et l’Arabie Saoudite étaient “deux pays frères unis par des relations historiques, qui se sont raffermis au fil des années, en plus des liens de fraternité, de coopération et de solidarité”.

Le peuple algérien “attaché aux valeurs de fidélité et de loyauté est  hostile à l’atteinte à ses frères, particulièrement ceux qui l’ont soutenu durant sa guerre de libération pour le recouvrement de sa souveraineté nationale”, a-t-il encore soutenu en rappelant que le souverain du Royaume d’Arabie  Saoudite, le Roi Salmane Ben  Abdelaziz Al Saoud, en 1956 prince de la région de Riadh, a été à la tête du Fonds de solidarité mis en place pour le soutien du peuple algérien dans sa guerre de libération.

Tayeb Louh a rappelé également que le prince Faycal  Ben Abdelaziz fut le premier à soutenir le peuple algérien lors du déclenchement de la Révolution du 1er Novembre 1954 et appelé à l’inscription de la cause algérienne au Conseil de  sécurité de l’ONU.

Comme si les excuses de Ouyahia au Royaume des Al-Saoud ne suffisaient pas. Une journée après avoir rencontré le Premier ministre, le président du Conseil consultatif (Majliss Echoura), le parlement d’Arabie saoudite, a eu droit, mercredi, à une audience présidentielle.

Le descendant de Mohamed Abdelwahab, l’inspirateur des wahhabites d’aujourd’hui, a donc été reçu par le président Abdelaziz Bouteflika. Un privilège qui en dit long sur la nécessite que peuvent ressentir les responsables algériens de calmer le jeu avec un pays, l’Arabie Saoudite, avec lequel les relations n’ont jamais été bonnes. Du moins depuis une dizaine d’années.
La veille de la visite du responsable saoudien, les sites d’information du monde entier ont diffusé une image qui semble avoir choqué du coté de Jeddah : le Roi de l’Arabie Saoudite, le fils de Abdelaziz, fondateur de l’Etat saoudien moderne, a été mis sur une même photo que Donald Trump, le président américain qui venait de reconnaître El-Qods comme capitale d’Israël. « Deux facettes d’une même médaille », ont écrit les supporters du club de Ain M’lila sur leur banderole. Une humiliation de trop pour un souverain qui vient de subir les foudres de tout le monde arabo-musulman suite à sa réaction timorée suite au geste des Américains.
Mais si l’Arabie Saoudite est fâchée contre l’Algérie, ce n’est pas qu’à cause de cette banderole. L’Algérie refuse, en effet, de suivre l’Arabie Saoudite sur l’ensemble des sujets qui préoccupent la région. C’est le cas du dossier du Yémen, des mouvements armés au Liban, en Syrie et maintenant de Jérusalem. Mais les Saoudiens ont fini par admettre qu’avec tous les fronts ouverts, il vaut mieux avoir de bons rapports avec l’Algérie, “une puissance reconnue”, selon un militaire saoudien. C’est ce qui vient de se passer !

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